2008-10-22

2008-09-10

1983 début du graff en France, 1984 début du HIP HOP

H.I.P. H.O.P. était une émission de télévision française conçue et animée par Sidney, qui a diffusé la culture Hip-hop en France et l'a rendue populaire.

L'émission, diffusée en 1984, est, au niveau mondial, la première émission entièrement hip-hop (rap et break dance). Sa présentation était rappée. Outre Sidney (également, donc, rappeur, mais aussi danseur, notamment), l'émission a accueilli de nombreux invités, les plus importants du moment, tels que Sugarhill Gang, Kurtis Blow, Afrika Bambaataa, Herbie Hancock, The Breaks, The Tribe, The Art Of Noise, de prestigieuses troupes de danseurs, et, comme invités réguliers, les « Paris City Breakers » ou le graffeur new-yorkais Futura 2000. Parmi les jeunes adolescents « breakant » sur le plateau se trouvent les figures du rap d'aujourd'hui (Stomy Bugsy, JoeyStarr par exemple).

H.I.P. H.O.P. a été la première émission de télévision présentée par un animateur noir en France.

DU SOUS-SOL AU MUSÉE le graff et les années 80

Blitz fut le premier à descendre dans le MÉTRO à l’heure du dernier pour peindre des rames au grand effroi de la RATP. Rejetant l’image américaine pour affirmer leur appartenance à Paris, Blitz, Spirit et Asphalt ont lancé, au début des années 80, un mouvement dont ils ne soupçonnaient pas l’ampleur qu’il allait prendre. Retour vers une époque où Paris brûlait sous terre.
Quand le graf est-il apparu à Paris ?
Au milieu de l’année 1983. Il n’y avait ni tag, ni graffiti "américanoïaque", seulement quelques pochoiristes et des média-peintres comme Speedy Graphito, les Musulmans Fumants ou les Ripoulins. Eux préparaient les panneaux dans leur atelier qu’ils allaient ensuite coller. En 1983, le rap rebondit, les PCB (Paris City Breakers) apparaissent. En opposition, Asphalt, Spirit et moi formons le groupe PCP (Paris City Painters). Au même moment, le Bomb Squad Two et les BBC (Bad Boys Crew) apparaissent également. Ce sont ces trois groupes qui ont lancé le graffiti et le tag en France.

"C’est la bourgeoisie parisienne qui a importé le tag et le graffiti."

Quel était ton état d’esprit ?
Il y avait un peu une rébellion contre les pochoiristes et les média-peintres car nous nous faisions chier à peindre des grandes fresques et à voler nos bombes alors qu’eux faisaient ça sans risque. D’où l’idée de faire un coup d’éclat pour qu’on parle du graf américain dans les médias. On a donc décidé de peindre une rame de métro. Ca s’est d’abord soldé par un échec parce que des vigiles de la RATP nous ont surpris et nous ont tiré dessus : on a dû laisser notre appareil photo sur place dans la précipitation. Pas de photo, pas de preuve. La seconde tentative, que j’ai faite avec Saho et Asphalt, a été un succès : un article est paru qui incitait les jeunes à aller peindre dans le métro. Je n’ai pas pensé un seul moment à l’ampleur qu’allait prendre le mouvement.

Tu te faisais en quelque sorte le promoteur d’une certaine culture américaine, non ?
Non. On revendiquait notre appartenance à la bourgeoisie parisienne. D’ailleurs, notre groupe a changé de nom devant l’émergence d’autres groupes fascinés, eux, par le mythe américain. C’est ainsi qu’est née la Force Alphabétique. Nous avons fait circuler la 11.01 (NDLR, le passe du métro) et le métro a été envahi par les tags. Enfin les médias s’intéressaient à nous. Ils ont malheureusement cru, à tort, que le mouvement provenait des banlieues.

La RATP devait moyennement apprécier ?
La RATP a organisé des patrouilles de surveillance, a ouvert un fichier avec photo systématique du tag et déchiffrage du pseudonyme et mis en place une législation adéquate. Puis ils ont essayé d’infiltrer le mouvement, au moment où on repeignait les locaux d’Actuel, en envoyant un émissaire qui nous a proposé d’organiser un grand concours de graffiti médiatisé en échange de moins de tags dans le métro. L’affaire sentait le car de police à l’arrivée et ça a donc capoté.

A partir de là ?
Le responsable du nettoiement du réseau RATP, M. Gantois, a retrouvé sa porte peinte le lendemain et le tag a véritablement explosé à Paris.


Le graf est alors bien installé dans le métro. Cela n’a-t-il pas refroidi tes ardeurs ?
En 1986, j’ai organisé en pirate une soirée au métro Pyrénées pour le jour de l’an, de 2h00 à 10h00 du matin. A l’heure du premier métro on faisait une intervention en collant des affiches au sol. On a ensuite pensé à gagner de l’argent : tableaux, fonds de scène, devantures de magasins… Les galeries commençaient aussi à s’intéresser

A quel moment as-tu lâché le morceau ?
La presse a lancé, fait vivre et tué le graffiti. Pour endiguer le mouvement. Jack Lang a monté une expo au Palais de Chaillot. A partir du moment où le graffiti était accepté par l’Etat et que les graffiteurs se prêtaient au jeu, la presse ne nous a plus médiatisés et l’heure de gloire est passée. Aujourd’hui, tous les anciens vivotent plus ou moins avec leurs tableaux et l’esprit de provocation a disparu.

Quel élément avait la part prépondérante. Le lieu ou la peinture ?
Les deux en fait puisque le graffiti sans le lieu, ça n’a plus rien à voir. L’action prenait le pas sur la peinture. Je ne comprends pas comment certains graffiteurs ont pu gagner de l’argent en mettant leur graffiti sur la toile. Les fantômes de Jérôme Mesnager avaient une vie lorsqu’on les voyait dans les catacombes. A partir du moment où ils se sont retrouvés en galerie, ça n’avait plus aucun intérêt.

par Raphaël Turcat, le Vendredi 01 Avril 1994 technikart n°104

rythme urbain

Écouter la ville, c’est porter son attention sur le langage de l’objet-architecture et/ou l’objet-ville dans son rapport à l’usager. Ainsi sans intervenir dans la linguistique de la ville j’éprouverai un langage qui m’est connu et inconnu à la fois. Pour pouvoir arriver à ce but, je m’applique à dégager une compréhension de la ville en isolant des unités maniables du rythme de la ville.
Umberto Eco dit : « un des secteurs où la sémiotique se trouve le plus défiée par la réalité sur laquelle elle essaie d’avoir prise, est celui de l’architecture » la structure absente

Par le mot rythme j’entends pulsation, ponctuation…


Roland Barthes : « C’est pourquoi je dirai que le plus important n’est pas tant de multiplier les enquêtes ou les études fonctionnelles de la ville que de multiplier les lectures de la ville, dont, malheureusement, jusqu’à présent seuls les écrivains ont donné quelques exemples. En partant de ces lectures, de cette reconstitution d’une langue ou d’un code de la ville, nous pourrons nous orienter vers des moyens de nature plus spécifique : recherche des unités, syntaxe, etc., mais en nous rappelant toujours qu’on ne doit jamais chercher à fixer et à rendre rigides les signifiés des unités découvertes, car historiquement ces signifiés sont extrêmement imprécis, récusables et indomptables. » L’aventure sémiologique

Le géographe Luc Bureau : « rappelons que le rythme est « la configuration d’un ensemble » ou « arrangement caractéristique des parties d’un tout ». …
Ce qui intéresse le rythme, ce ne sont pas les similitudes mais les différences. Trouver le rythme d’un lieu c’est chercher en quoi il est unique et incomparable quel que soit les apparences extérieures…
C'est-à-dire que le rythme engage absolument toute l’existence de l’homme dans le monde. » Géo-ryhtmes : la transmutation des lieux in Les rythmes, lecture et théories 1992


Il est aujourd’hui admis de considérer la ville comme un langage au sens de Umberto Eco, ou en tant que signifiant justifiable d’une sémiotique urbaine (Roland Barthes) ou même comme un poème (Victor Hugo dans Notre Dame de Paris). Nous pouvons donc poser la question de savoir s’il est un rythme de la ville comme il est un rythme du langage, et en quoi il consiste. Edmond Bacon (l’urbaniste pour qui la ville était un arbre) évoque bien dans "Design of Cities" le terme de rythme mais ne sait trop qu’en faire, sauf à évoquer une analogie entre le rythme en musique et le rythme du poème. La notion de rythme est présente dans l’architecture depuis le rythme des péristyles grecs, mais il n’est pas utilisé en urbanisme. Ainsi c’est en dehors du milieu de l’architecture, par éclairages différents (littérature et poésie, danse, cinéma, linguistique à et des approches biaises, que nous voyons émerger de façon récurrente la notion de rythme de la ville.
Les errances surréalistes d’André Breton et Nadja dans Paris font de l’espace urbain un acteur du rêve éveillé, un producteur du rythme de vie :
« 6 Octobre 1927. De manière à ne pas avoir à flâner je sors vers quatre heures avec l’intention de me rendre à pied à « la nouvelle France », (où Nadja doit se trouver à cinq heures et demie) , tout en faisant un détour par les boulevards où , non loin de l’Opéra, j’ai à aller retirer d’un magasin de réparations mon stylo. Contrairement à l’ordinaire j’emprunte le trottoir droit de la Chaussée d’Antin. »

Je me garderai d’une comparaison trop étroite entre littérature et ville réelle, car dés qu’il y a écriture, il y a ébauche d’une ville imaginaire.
Par une matérialité théâtrale, le décalage et la distanciation du regard, le monde du cinéma a fait prendre corps à la ville alors que la littérature ne faisait que deviner. La ville au cinéma est une lecture de la ville, une lecture particulière et partisane au service d’une histoire.
Le Paris de Playtime, film de Jacques Tati (1967), est par ses rythmes (jour/nuit, l’aéroport, la Défense, etc), l’élément initiateur du rythme dans lequel s’inscrit l’histoire et les caractères.
La Lisbonne de « la ville blanche », un film d’Alain Tanner (1993) n’est pas un décor, mais plutôt la partie rythmique de l’histoire d’un homme qui se fuit et se cherche à la fois.
Le Tunis de « Halfaouine, l’enfant des terrasses », film de Ferid Boughedir (1990), montre trois villes juxtaposées : le niveau de la rue (vie sociale), le niveau de la maison familiale (parmi les femmes, et sous la férule paternelle), et le niveau de la liberté sur les terrasses. Trois niveaux, trois villes trois rythmes.
………

Le premier rythme urbain est ce lui de l’activité de ses habitants, aussi imposé à eux par la ville : rythme chronologique des cloches de l’horloge de l’église (en léger décalage de l’horloge républicaine de la mairie), rythme hebdomadaire du jour de marché, rythme annuel ou saisonniers des fêtes votives, rythme donné par les horaires de passages des transports, rythme des horaires de bureaux, sorties d’usine, les loisirs.
La réalité sensible de cette polyrythmie analysée par Henri Lefebvre, signifiante de la ville, que nous montre le cinéaste et l’écrivain.

Ainsi la réalité d’une architecture urbaine, certes bordée entre le réglementaire et le financier, et certainement écrite dans la prégnance d’un climat est bien l’expression d’une âme car c’est dans l’usage que se reconnaît une ville.
« De toute évidence, chaque ville possède cette espèce de rythme ; Kevin Lynch l’a remarqué : il existe dans toute la ville, à partir du moment où elle est véritablement habitée par l’homme, et faite par lui, ce rythme fondamental de la signification qui est l’opposition, l’alternance et la juxtaposition d’éléments marqués et d’éléments non marqués. » Roland Barthes à propos du rythme des voies, places éléments marquant de la réalité matérielle de la ville.

Quel rythme ?

Si le « rythme respiratoire » de Wölfflin est métaphore, il en va autrement pour le « rythme fondamental de la signification » de Roland Barthes, et naturellement ce glissement du sens constitue pour l’architecture une question à éclairer.
La définition du mot rythme, quel sens je lui donne ici. Il en va du rythme, une manière de lier temps et espace de manière perpétuelle. Le rythme ne fait pas que partie de l’espace, il le structure. Le rythme fait coïncider l’esprit et le lieu, puisque le sujet est dépendant dans l’espace et le rythme est alors indissociable du sujet-espace. Et comme le rythme est dépendant du sujet, il est individuel dans la manière que nous avons d’habiter l’espace. Le rythme prétend en lui comporter composition fréquence mobilité.
L’organisation de l’espace de la ville, à laquelle on peut attribuer au moins deux des qualités suivantes : composition fréquence et mobilité est donc le rythme de la ville.

2008-09-09

paris _ petite ceinture 1898

porrosité de l'espace






dans un site où les espaces publics sont hétéroclites, l'espace public est praticable ou non.
Je distingue alors l'espace consacré à la voiture, la perception de ce dernier, l'espace perçu par le piéton et pratiqué, et la porosité avec l'espace public

les seuils existants///

Articulation avec les territoires voisins







Intégration dans le tissu urbain des docks par différents médias :
_à l’Ouest l’articulation avec Clichy par une continuité paysagère intégrant le cœur des Docks et par la prolongation de la rue de Clichy.
_au Nord avec le fleuve
_à l’Est avec le vieux Saint-Ouen ou « ville haute » avec la requalification de la rue A. Dhalenne
_au Sud par l’articulation avec le cœur de Saint-Ouen par la requalification du Bd V. Hugo et par de nouveaux axes transversaux au cœur des docks.

Protocoles d'accord entre Paris et les collectivités territoriales de son agglomération

Paris Métropole est la structure de coopération actuellement en projet entre la capitale et les collectivités territoriales de son agglomération.

De nombreux protocoles d'accord entre Paris et les collectivités territoriales de son agglomération ont depuis été signés.

Seine-Saint-Denis : Montreuil-sous-Bois (juin 2002), Pantin (novembre 2004), Saint-Ouen, (mars 2003), communauté d'agglomération Plaine Commune (juin 2005), Clichy-sous-Bois (une première puisque la collectivité n'est pas limitrophe de la capitale), conférence interdépartementale avec la Seine-Saint-Denis ;

Hauts-de-Seine : Vanves (juin 2003), Issy-les-Moulineaux (septembre 2003), Clichy-la-Garenne (novembre 2003) , Malakoff (septembre 2004), Boulogne-Billancourt ;

Val-de-Marne : syndicat mixte de la Bièvre (juillet 2002), Nogent-sur-Marne, Joinville-le-Pont (mai 2004), conférence interdépartementale avec le Val-de-Marne (novembre 2003), Gentilly, Saint-Mandé, Vincennes, Ivry-sur-Seine (septembre 2006).

D'autres sont prévus : Bagnolet et Fontenay-aux-Roses.

Les protocoles d'accord coordonnent l'action publique locale de la capitale et de chaque collectivité limitrophe : mise en commun de moyens d'expertise, techniques, d'informations, logement, emploi, politique culturelle, environnement. Des aménagements, enfin, matérialisent les nouvelles relations entre Paris et sa banlieue, effaçant la rupture urbaine introduite par le boulevard périphérique : passerelles et nouveaux modes de circulation douce, couvertures du périphérique (porte des Lilas, porte de Vanves, quartiers intercommunaux.

à propos du grand Paris

Pour la première fois la région Ile de France a mis en place un projet d'étude pour une concertation et une cohérence urbaine. Ce projet est celui du Grand Paris. C'est dans cette dimension que je situe mon projet.
Par la création de deux pôles situés de part et d'autre de la périphérie de Paris, limite physique et solide de la ville aujourd'hui, je permets un lien entre le dedans et le dehors. Cette question de la limite me poursuit depuis le début, et plutôt que d'opter pour un principe se situant sur cette barrière physique, je préfère une connexion crée par un deux projets complémentaires. Ces derniers se répondant par écho, et apportant à Paris comme à Saint-Ouen un potentiel développé par l'usage et le rythme urbain.
Ceci dans une agglomération dont l'échelle est Paris métropole. Paris regagnant à sa limite avec la commune de Saint-Ouen une porte à sa dimension, et Saint-Ouen obtenant la possibilité de garder son individualité au travers de ce projet qui se situera sur le site des docks.

Un métro pour éviter Paris





S'il y a un projet qui illustre bien les enjeux du Grand Paris, c'est celui de Métrophérique. Depuis 1994, la RATP défend, derrière ce nom de code, la création d'une rocade partiellement souterraine en proche couronne. Cemétro automatique serait situé de 3 à 7 kilomètres du boulevard périphérique. Il serait connecté avec les lignes de bus, métro et tramway. La boucle complète compterait une soixantaine de stations - pour la plupart en surface -,soit une tous les kilomètres. Métrophérique pourrait être entièrement réalisé d'ici à 2020. Il coûterait près de 100 millions d'euros du kilomètre, soit 6 milliards d'euros au total. Les premiers travaux sont prévus dès 2011, dans le Val-de-Marne, où les études sont les plus avancées.

Le projet Métrophérique figure en bonne place dans la contribution de la RATP pour le Grenelle de l'environnement. Longtemps retoqué par l'État, Métrophérique peut être une réponse au déséquilibre des transports en Île-de-France, plaide la RATP. L'accroissement de la population et l'étalement urbain font que les flux de banlieue à banlieue n'ont cessé de croître : + 51 % entre 1976 et 2001. Ils se font essentiellement en voiture, faute d'investissements suffisants dans le réseau de transports publics ces vingt-cinq dernières années. La structure en étoile du réseau de RER et de métro oblige, qui plus est, de nombreux Franciliens à transiter par la capitale. L'engorgement des lignes du centre va crescendo.


lire la suite sur La Tribune article du 19/10/07

Grand Paris, petits calculs politiques

Berlin, Londres mais aussi Lyon ou Marseille... les principales métropoles ont débordé de leurs frontières historiques pour prendre en compte les besoins de leurs habitants. Paris échappe à ce mouvement. En partie du fait d'élus qui veulent rester maîtres chez eux.





Paris est unique ! Il n'y a pas d'exemple d'une aussi grande capitale qui soit autant séparée de son environnement. Les vélos en libre-service Vélib' illustrent de façon caricaturale cette coupure entre une commune et ses abords immédiats. Une échappée belle au-delà du boulevard périphérique est, certes, possible, mais chaque Vélib' doit pour le moment être reposé dans l'une des stations intra-muros. Pas vraiment pratique pour les Parisiens travaillant dans les communes limitrophes. La mairie de Paris a donc décidé de financer l'installation de stations dans les 29 communes jouxtant la capitale. Les 7 millions d'euros consacrés à cette extension seront à la charge du contribuable parisien, car Paris n'a évidemment aucun moyen d'interférer dans les marchés publicitaires de ses voisins. Le cas Vélib' plaide en faveur des défenseurs du Grand Paris, soucieux de donner à la capitale une dimension comparable à celles de Londres ou de Berlin.

Longtemps débattue par quelques initiés, la question de Paris et de ses banlieues est désormais sur la place publique. Nicolas Sarkozy s'est lui-même invité dans le débat. Le 26 juin à Roissy, le président de la République regrette que la capitale soit " la seule agglomération de France à ne pas avoir de communauté urbaine ". Le chef de l'État enfonce le clou le 17 septembre, à Paris, lors de l'inauguration de la Cité de l'architecture et du patrimoine. Il souhaite que soit engagée une réflexion sur " un nouveau projet d'aménagement global du Grand Paris ".

Nicolas Sarkozy demande que huit à dix agences d'architectes contribuent à un diagnostic " prospectif, urbanistique et paysager ". Il en profite pour mettre les élus franciliens face à leurs responsabilités : " Il n'y a pas d'un côté les élus de la capitale et de l'autre les élus de la périphérie. C'est la même région, le même espace. S'ils n'arrivent pas à se parler, des initiatives doivent être prises pour que cette discussion ait lieu. " Un consensus est-il possible à quelques mois des élections municipales ? Le gouvernement peut-il, dans la foulée du scrutin, imposer un Grand Paris ?


lire la suite sur La tribune article du 19/10/07

2008-09-04

l'écho saint-ouen_paris

paris et au delà _ analyse



vision d'ensemble




limites administratives




espaces verts




espaces verts et leurs aires d'influences




projets à venir hors Paris et leurs aires d'influences




projets à venir dans Paris et leurs aires d'influences




projets à venir dans et hors Paris et leurs aires d'influences




existant et projeté _ vision d'ensemble





Ile de France et délimitation de la zone d'étude ci-dessus

2008-08-29

synthèse

Dés lors que les premiers tracés de villes ont été pensés, il s'agissait de déterminer l'organisation de celle ci, ou de définir l'arrangement d'un quartier. Ceci afin d'en établir une image entière et de dresser des règles propres aux lieux, et à ses contenants bâtis. L'action d'établir la ville a pour but d'occuper ses espaces vides, et a pour visée son évolution. Aujourd'hui l'espace libre à l'intérieur de la ville est quelque peu rare, c'est pourquoi nous nous efforçons en temps que concepteur d'espace de refaçonner certains aspect de celle ci et/ou d'aider la naissance de lieux en devenir dans des zones de potentialités . Il faut cependant faire une distinction entre l'architecture et l'urbanisme, la première a pour but un élément fini et solide, alors que le deuxième s'applique à poursuivre une évolution dans le temps.

L'image que l'on se fait de la ville aujourd'hui est transformée par l'importance des nouvelles technologies, modifiant notre regard sur l'espace urbain. Mais c'est justement par ce renversement du temps sur le lieu que nous faisons face avec l'univers virtuel, celui ci nous permettant d'apporter une nouvelle manière de ressentir la ville. J'utilise ici la notion de « sens » , car il est possible d'illustrer des données générées par l'urbain, et par les flux qui le traverse. Partant de cela je confère à la ville la dimension d'un corps vivant, et vibrant. L'espace urbain est ainsi fait de zones en mutations, grandissantes, s'adaptant aux décisions politiques et aux usages appropriés à la population, à ses usagers. Ainsi la manière de façonner la ville a pour but de faire se rencontrer ses différents composantes et d'apporter la possibilité d'existence d'oppositions. Pour penser un espace il faut s'attacher aux usages existant du lieu auquel il appartient, et à leur histoire sur un plan local comme général.


///Espace urbain et politique

///L'urbain, lieu d'énergies

///Circonstances Urbaines réseau et espace public

///Les enjeux de la traversée du périphérique et l'écho urbain




///Espace urbain et politique

_ Cité grecque et invention de la démocratie
la cité grecque à l'origine de la démocratie, a unifié la ville, et a crée une entité en celle ci , un corps urbain , au nom des citoyens. L'espace public est alors un ensemble indivisible

_ La Renaissance et l'humanisme ou division du corps urbain
cette nouvelle aire propose une coupure entre le pouvoir et la société, permettant ainsi la possibilité de conflit. Elle coupe avec la tradition grecque car elle divise l'espace public

_ l'espace urbain et la politique aujourd'hui en France
(à terminer) De l'histoire des enceintes de paris au périphérique à la relation entre Paris et sa banlieue au travers des politiques de la ville



///L'urbain, lieu d'énergies

_L'espace urbain est partagé entre son appartenance à un système étatique et son attirance vers l'extérieur, soit par le rayonnement ou par la conquête d'espace. La ville devient un lieu ou des échelles opposées se confrontent. Ces par ces oppositions qui apparaissent dans la mesure de la ville que naissent des énergies et potentialités.

_Les rythmes de la ville entre l'individu et la foule, les oppositions que l'on rencontre au quotidien. Les données qui constituent la ville liée à la question de la division et de la mise en relation.

_Une autre vision de l'énergie de la vie est portée par sa relation aux flux qu'elle brasse, qui la traverse et qu'elle génère tous quantifiable, comme un murmure, un langage de la ville. ( ceci est aussi applicable à une démarche expérimentale/ les data comme langage)



///Circonstances Urbaines réseau et espace public

_urbain réseau et non lieu
la ville n'est pas un lieu, et l'univers du réseau ne consiste pas à connecter ces lieux. C'est par le réseau que l'espace est public , c'est par sa disposition à le propager et le nourrir. Le réseau propage l'espace au delà de sa physicalité, il est une structure qui lie le global au local. La surmodernité qui permet de raccourcir les distances et les accès dans ces réseaux est aussi génératrice de « non-lieux », d'espaces banaux.

_ville réseau état
La ville réseau étend un lieu de propagation, elle apporte des entrées et des sorties. Son existence a permis l'échange de données. Le modèle étatique, fermé sur lui même, est un modèle de saisie de la ville.

_La ville réseau comme abri
elle est un refuge, un espace de droit qui ne se définit pas uniquement par le dedans, l'identité, l'appartenance, mais par la relation entretenue entre un dedans et un dehors.



///Les enjeux de la traversée du périphérique et l'écho urbain

_la culture urbaine_l'art urbain comme langage de la ville

_ Paris _ Grand-Paris : intentions et enjeux d'un espace reliant Paris à Saint-Ouen.
Redonner une vrai dimension à la Porte de Saint-Ouen, écho/amorce de projet dans le Paris intra-muros d'aujourd'hui et écho/projet dans les docks de Saint-Ouen.

2008-08-24

Art de rue




Le projet Dispatchwork, est une réalisation de Jan Vormann , du collectif “20 Eventi”, dans la ville de Bocchignano en Italie.

Ici aussi nous observons une forme de langage de la ville, et l'artiste fait appel à notre souvenir, à l'enfance. cela pourrait passer pour naïf, mais ce qui important de noter c'est cette minutie, cet espace quasi millimétrique, ce délaissé urbain de petite échelle, investit pour accueillir un geste tel.

Art de rue





Quand le graffiti n'est plus considérable comme une dégradation, voilà ce qu'atteint Alexandre Orion, cet artiste brésilien a pris le contre pied de la simple dégradation du bien public. son œuvre "la maison de ville charnelle" consiste en une série de crânes dessinés, ou plutôt essuyés sur les parois d'une voie souterraine. La pollution déposée sur les murs noircissants sont aspect premier, il a simplement au moyen d'un chiffon , révélé des visage muets observant le flux des voitures impassibles.
Je pointe ici cette œuvre, car elle est une poésie urbaine , de ce mode d'expression qui n'appartient qu'à la ville. Je crois qu'il est important de noter l'art urbain , ici les graffitis, comme un langage de la ville et non un moyen de salir cette dernière.

Espace sous tension



Roadsworth


Les circonstances déterminantes de la ville se raccordent à la phénoménologie de la ville et sont indissociables d’une inclination démocratique. Et pour cause, l’espace urbain s’invente entre l'espace en marge à l'extérieur, et l'espace clos, Étatique.

En conséquence, il faut questionner la ville et l’espace urbain non pas dans le sens de sa disposition mais s'attacher plutôt à l'arrangement des flux transnationaux (pas seulement les flux économiques), à la mise en place d'un espace politique , à l'attention à une démarche urbaine( harmonie entre les différentes échelles de couple que l'espace peut former : espace /monde, espace /ville , espace individualisé).
Le questionnement ne se fait pas sur la juste portée de l’action politique (quel lieu favoriser : le local, la régional, le trans-national, le mondial), la question porte donc sur la relation entre ces divers modalités : sortir et entrer.

La ville idéale n'existe pas, et son modèle non plus, il faut utiliser le qustionnement sur la condition de la ville pour pouvoir préparer l'évolution de celle ci dans le monde du réseau.
Saskia Sassen nous enseigne que celui-ci peut aller contre la condition de la ville et la démocratie, par la mise en place de ville globales qui fragmentent l'espace mondialisé tout comme l'espace métroppolitain .
L'attention aux moyens d'action de la ville a encore plus de sens depuis que le monde de la dernière mondialisation se garde de la conflictualité, optant pour la guerre plutôt que la confrontation politique. L'enseignement du sociologue Zygmunt Baumann dans son essai « Le coût humain de la mondialisation » nous éclaire sur les phénomènes préoccupants qui agitent le monde actuel : affaiblissement de l'Etat-nation, primat du marché sur le politique, rôle des nouveaux médias, obsessions sécuritaires, régression sociale, etc. En dévoilant ces non-dit, il dénnonce la profonde crise des valeurs humanistes que nous traversons. Et prouve bien que la plus grande fluidité appelle une désir de sécurité croissante, et donc une constance de l’Etat .

L’idée de condition de la ville garde l'intégralité de son sens : la Polis comme unité dans la discorde. D'après le phénoménologue Jan Patocka, l'originalité de l'Europe dans l'histoire de l'humanité réside dans la naissance d'une réflexion grâce à laquelle l'homme se libère de la tradition pour entrer dans le présent. Mais ce constat structurel au sujet de l'esprit européen ne doit pas se situer hors de toute axiologie. Bien au contraire. La tâche de l'Europe est de prendre soin de l'âme des hommes et participer à cette aspiration vers la compréhension et le sens face à l'absurdité écrasante, au chaos, à la représentation démoralisante de la situation planétaire comme immaîtrisable.

Mais ce mouvement oblige à ne pas observer la ville comme un lieu ou un territoire , mais plutôt comme un lieu qui autorise la dé-territorialisation, et qui fait le lien entre le dedans et le dehors, qui a permi la conflict en son sein par l’institution du politique, l'écart et l'énergie entre le centre et la périphérie.

2008-08-23

Le rythme de la ville

Une fois suivie les circonstances de la ville à travers l''histoire, que pourrait nous apporter une phénoménologie du corps urbain ? Selon Françoise Choay le corps, le corps de l’individu dans la ville, montre la plus grande capacité d'endurance à l'aval des flux sur les lieux.
Comment re-fabriquer du non lieu, de l’espace public ? C’est aussi admettre que l'essence même d’un espace public rappelle son aptitude à mettre en relation, à opérer au sein des « non-lieux ». Pour illustrer ce propos je m'appuie sur deux auteurs, tout d'abord . Il nous montre que le corps urbain se situe entre deux données extrêmes du privé et du public, entre la mise en marge pour le privé, et l'étatisation pour le public.
« Multitude, solitude: termes égaux et convertibles(pour le poète actif et fécond). Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée. »
("les foules" Baudelaire)
Il ne faut ni se replier sur soi-même, ni se diluer dans la foule. Pour Baudelaire, il n’y a ni privé ni public, mais le besoin d'un équilibre en renversant l'état dans lequel on est, pour pouvoir atteindre une intimité dans la foule, et une complexité ou multitude dans le privé. Le corps de la ville n’a-t-il pas pour devoir de relier le corps individuel et le corps collectif en se gardant de la fusion au milieu de la masse, une caractéristique de la ville, ou la plus aiguë des solitudes ?

Face à la diversité des rythmes de la ville, à leur inclination possible par le privé ou la foule, peut-on alors supposer « une forme de la ville » ? C’est ce qu'essaye le deuxième écrivain sur lequel je m'appuie. Dans son ouvrage sur la ville de Nantes intitulé « la forme de la ville » Julien Gracq tente de saisir pourquoi cette dernière à plusieurs dimensions à ses yeux, entre l'anonyme, l'idéologique et le personnel, il met en scène les facteurs caractéristiques de l'essence de la ville. Soucieux de comprendre pourquoi Nantes est pour lui « une » ville, « la » ville, « sa » ville, Gracq met bien en scène les facteurs constitutifs d’une ville. Je les évoque et je souligne leur lien avec la question de la division et de la mise en relation.

_premièrement, une ville ne vie que selon des parcours et des trajectoires qu’elle permet .C’est une milieu de friction :

« Ce qui fait de la ville un milieu sous tension, ce n’est pas tellement la concentration de l’habitat, l’état de friction latente et continuelle qui électrise les rapports, la multiplicité des possibles ouverts à l’existence individuelle, c’est pour moi bien davantage l’antagonisme qui y règne entre un système de pentes naturellement centrifuges, qui toutes mènent le noyau urbain vers son émiettement périphérique, et, en regard, la puissante astreinte centrale qui les contrebalance, et qui maintient la cohésion de la cité (…). C’est ainsi que se reconstruit dynamiquement dans ma mémoire l’image de Nantes, un peu à la manière dont l’araignée construit sa toile. »

_ Néanmoins la trajectoire dans une ville n’est pas variable, confus, insensé, surréaliste, promis uniquement au rêve. Il n’y a d'itinéraire possible que selon des lieux urbains permettant ces circuits (école, musée, lieu de culte, mairie…). Mais ces endroits qui rythment des trajectoires sont la substance d’une « image mentale » qui se crée et qui évolue en la notion même de la ville. La forme de l'urbain est la connexion d'endroits, de trajectoires et d’une Idée de la ville qui traverse le nom de la ville et tous les noms qui relatent de son histoires (comme les noms des rues).

_ Mais alors , quels sont les lieux qui permettent ces parcours emmêlant le passé et le présent ? Ou, pour le formuler d'un autre manière , qu’est-ce qui permet qu’un lieu ou une agrégation de lieux s'accomplissent en une ville ? Ce sont ces espaces qui encouragent une relation entre deux termes, des « entre-deux » et qui produisent un effet de bascule. Le corps de la ville fait s'opposer et s'affronter ainsi que les sphères du privé et du public. La cadence urbaine est indissociable de ces lieux de basculement qui permettent une liaison où l'on ne passe pas de manière logique de l'un à l'autre mais où on passe de l’un à l’autre en évitant la fusion (la foule entassée devant un musée ou un monument) ou l'isolement .
La relation, le rythme de l’entre-deux, sont des facteurs de dissimilitude ; on ne passe pqs de l’un à l’autre de manière continue. Cette discordance est indivisible d’une rencontre plus ou moins aboutie avec l’autre.

Comment mieux comprendre cette cadence ? Elle repose sur un attachement au dé-centrement, elle est inséparable d'endroits dont les passages sont le modèles par excellence ( Baudelaire, Gracq mais aussi Walter Benjamin), et elle pousse à prendre en compte une certaine forme de solidarité, c’est-à-dire des mises en relation caractéristiques. Comment faire des nœuds, trouver le rythme qui favorise une relation qui ne se noue pas trop (la masse, la fusion, le désordre) ou ne se dénoue pas trop (le morcellement, l'échappée, la panique) ? Est ce que cela doit surprendre, la question urbaine est celle du nouage, question qui a obnubilé des peintres comme Hantaï ?

Depuis la traduction des du « livre des Passages » de Walter Benjamin les passages ces espaces recouverts de verre ou laissés à l’air libre ont longtemps été délaissés mais recouvrent leur dimension d'autrefois depuis quelques dizaines d'années. Mais quoi de plus qu'un autre milieu sous tension ou l'on peut basculer?

Samuel HANTAï Le muet, l'aveugle, la toile libre

canal 6 sélectionnée dans Arts


"C'est l'espace entre les feuilles qui fait l'arbre." Hantaï. C'est donc le manque qui définit le plein, comme la couleur dans son oeuvre est définie par l'espace laissé blanc du pliage. L'espace de réserve.
Laisser un blanc, c'est accepter son manque, c'est accepter une défaillance, le fait que nous ne sommes pas pleins.
Hantaï semble chercher sans cesse tout ce qui pourrait ainsi libérer l'oeuvre de l'empire de la subjectivité pour la rendre à sa spontanéité. C'est "peindre sans voir, en regardant ailleurs, vacant, absence de valeur, de contenu, inoccupé, inhabilité, vague..." Laisser flotter le regard, c'est suspendre l'identification immédiate des choses, c'est refuser de distinguer selon l'évidence et d'assigner une place selon le bons sens. Il faut savoir fermer les yeux. Fermer les yeux sur ce monde que nous occultons pour qu'il puisse surgir enfin.

2008-08-22

Ville et démocratie

A _ Cité grecque et invention de la démocratie

L'origine de la démocratie athénienne est l'isonomie, elle est l’œuvre essentielle de Clisthène, qui la met en place par ses réformes de 508 et 507 av. J.-C. Ces réformes forment une charnière entre l’époque archaïque et l’époque classique. Clisthène est considéré comme le dernier législateur archaïque dans la tradition de Solon et de Dracon et comme le premier législateur de l’époque classique. Ses réformes sont préparées par Solon ainsi que par la tyrannie qui a pour conséquence une diminution du prestige des Eupatrides. (source wikipédia)
Si la création de la politique est grecque, la Cité grecque est-elle une formule absolue ? La cité inventée est placée sous le signe de l’isonomie, de l’égalité entre les citoyens. Or cette Cité incontestablement égalitaire (on n'évoque que l’égalité entre citoyens), est un espace qui fait bénéfice à l’indifférenciation. La Cité égalitaire est un Corps unique dont tous les membres ont le devoir d'être égaux. Et par cela se forge un espace public indifférencié.
L’isonomie est un système physique et une formalisation de l'espace. Avec la réforme de Clisthène « la Polis tend à prendre la forme d’un univers sans étages ni différenciations. » (J.P. Vernant).

B _ La Renaissance et l'humanisme ou division du corps urbain

Avec cette aire, nous faisons face à une division de l'espace urbain afin de permettre une vie publique. À la différence du chemin tracé par Clisthène , la Renaissance va permettre les différenciations , et donc une possibilité de division et de conflit politique au coeur de l'espace urbain. La seule condition pour que cela s'opère est la politique, pas uniquement l'agora du temps des grecs, mais la dissolution de ce corps qu'était la cité, et la différenciation d’un pôle de la politique et de la société. Si la dimension civique est fondamentale et renvoi aux modèles de Rome, de l’urbs romain, ou de la cité grecque, avec cette Re-naissance il y a une fracture au niveau de l'urbain, et de sa condition. Pour saisir une signification de cette rupture, on peut reprendre les écrits de Machiavel, la Cité moderne se démontre par le démembrement du corps autrefois unifié et par la démêlement des ordres.

La ville (villes italiennes, villes hanséatiques) se définie par l’éclatement graduel du corps unifié par division. Or, c’est l'apparition du politique, et au sens littéral d’un espace public (interdit par l’État despotique) son autonomie, qui rend possible l’indépendance d’autres ordres, dans le cas présent tout ce qu'embrasse le juridique, l’esthétique, la morale, et l’éducation etc.

La ville des cités républicaines, propose le cadre d’une double rupture : entre le pôle du gouvernement et la société, la rupture au sein même de la société (lutte des classes). Ici, le carrefour historique se perçoit mieux : la politique peut aller dans le sens d’une intensification du pôle de l’État (réunification sous l’effet d’une domination) ou bien maintient de la division consubstantiel de la l'ambiguïté démocratique. À partir de ce moment, la condition urbaine est indissociable de l’apparition d’une vie publique dont l'agencement n’est pas seulement la fondation d’un espace public (agora ou place).

« La révolution démocratique moderne se reconnaît à cette mutation : point de pouvoir lié à un Corps. Le pouvoir apparaît comme un lieu vide et ceux qui l’exercent comme de simples mortels qui ne l’occupent que temporairement ou ne sauraient s’y installer que par la force ou la ruse ; point de loi qui puisse se fixer, dont les énoncés ne soient contestables.. » (Claude Lefort à propos de Florence)


Le souffle de la démocratie, inséparable d’une transformation de l’espace urbain, public et privé, reflète une conflictualité et vide le Pouvoir de son sens, c'est à dire crée une indétermination majeure. Le problème est moins celui de l'espace public que celui de la opposition rendue possible à l'intérieur de la Cité. De la même manière que la Ville réseau cultive une relation au dehors, la ville moderne, la Cité démocratique permet une correspondance entre le centre et la périphérie mais aussi entre les différentes classes qui produisent la Cité, et entre la société civile et le pôle de la politique. L’espace de la ville est la modalité de possibilité d’une division dans un cadre commun, c’est en cela qu’il se différencie de la Cité grecque.

Ici la condition urbaine nous enseigne la question de la ville comme dés incorporation. L'apparition de la politique à l'intérieur de la Cité moderne permet la division au milieu d’un même corps.

Le dés-enchevêtrement des ordres va avec une différenciation et une indétermination de la place de la Loi. C'est la seule clause pour une mise en rapport au niveau démocratique qui donne tout son sens à l’espace public.

2008-08-21

condition urbaine et espace public (suite)



B_Ville, réseau et État.

La ville réseau d’hier, connectée avec d’autres villes, est un espace ouvert et non un ensemble fermé, une unité repliée sur elle-même, une ville citadelle. Gilles Deleuze et F. Guattari proposent de distinguer la ville de la Cité-Etat.
« La révolution urbaine et la révolution étatique peuvent coïncider mais non pas se confondre. Il y a ville dans les deux cas, mais dans un cas la ville est une excroissance du palais ou du temple, dans l’autre cas, le palais, le temple est une concrétion de la ville. » Cela veut ainsi dire que les moyens d'action de l’urbain font obstacle à la mise en oeuvre d’une ville projetée sur le mode de l’État (centralité et hiérarchie, fermeture et frontières).

« La ville est le corrélât de la route. Elle n’existe qu’en fonction d’une circulation et de circuits ; elle est un point remarquable sur de circuits qui la créent ou qu’elle crée. Elle se définit par des entrées et des sorties, il faut que quelque chose y entre et en sorte. Elle représente un seuil de déterritorialisation. Les villes sont des points-circuits de toute nature qui font contrepoint sur les lignes horizontales ; elles opèrent une intégration complète, mais locale, et de ville en ville. Le pouvoir de la ville (trans-consistant) invente l’idée de magistrature, il est très différent du fonctionnariat d’Etat qui est un phénomène d’intra consistance. Il fait résonner ensemble des points d’ordre très divers, qui ne sont pas forcément déjà des villes-pôles. Il opère par stratification, c’est-à-dire forme un ensemble vertical et hiérarchisé qui traverse les villes horizontales en profondeur. »

Appréhendant la ville sous l'angle du nomade (celui qui n’a pas de territoire) et non pas du sédentaire, Gilles Deleuze affirme que l’histoire moderne a fait apparaître une opposition entre la forme État et la forme ville ; entre un système hiérarchique et vertical et un réseau horizontal de connexion ; entre un développement d'organisation et d’aménagement du territoire et un mécanisme de déterritorialisation.

La forme ville s’est largement développée dans les villes-foires en France à la période médiévale, dans les villes marchandes ou hanséatiques, Barcelone, Venise, les villes d’Islam. Ces villes ne fonctionnent qu'en réseau, pas en considérant uniquement le lien commercial, mais en appelant aussi aux échanges symboliques ou culturels. La ville est résultante de ce réseau : elle est une machine dont les mécanismes d’entrées et de sorties sont réglés par une magistrature.
La forme État, c’est la constitution ou l’aménagement du territoire. Mais l’instrument d’État est toujours un instrument de saisie de la ville.

Fernand Braudel parle de « deux coureurs » dans la civilisation matérielle et capitaliste, l’État et la ville, mais aussi la Cité État et la ville réseau. « Mais l’État gagne d’ordinaire, il a discipliné les villes, avec un acharnement instinctif (…). Où que nous tournions nos yeux à travers l’Europe entière, il a rejoint le galop des villes. »

La ville réseau est ancienne, elle ne se détermine pas par le défaut de centre ou de centralité mais par le besoin de garantir des bornes, de permettre des entrées et des sorties. Elle ne peut pas être autocentrée à moins de s'engager vers le modèle de l’État. La ville réseau se pense sous le signe de la mise en relation.

C_ La ville réseau comme abri

Les particularités de la ville réseau sont ramenées au premier plan avec la constatation d’une mondialisation coordonnée sur la disposition du réseau. Plusieurs réflexions retiennent notre attention : Anciennement la ville réseau correspondait à la ville-refuge. Il est intéressant de remarquer que dans la tradition juive, la ville est un lieu d’accueil pour celui qui se tient au dehors et qui n’est pas définit comme intégralement coupable ou innocent. La ville est ce lieu où le droit est respecté. Cet endroit où le criminel involontaire peut trouver refuge pour échapper à une éventuelle vengeance. Ainsi la ville devient un lieu o l'on peut s'exiler.

« La loi de Moïse désigne des villes-refuges où le meurtrier involontaire se réfugie ou s’exile. Se réfugie ou s’exile : il y a les deux. Pour le meurtrier involontaire qui est aussi meurtrier par imprudence, la ville-refuge est aussi un exil : une sanction. Sommes-nous assez conscients, assez éveillés, hommes déjà assez hommes ? Quoi qu’il en soit, il faut des villes-refuges, où ces demi-coupables, où ces demi-innocents, puissent séjourner à l’abri de la vengeance.» (Emmanuel Levinas)

Aujourd’hui, dès lors que l’on pense que la mondialisation crée des inégalités insoutenables et des massifications, la ville est caractérisée par son devoir d’hospitalité.

« Si le nom et l’identité de quelque chose comme la ville ont encore un sens et restent l’objet d’une référence pertinente, une ville peut-elle s’élever au-dessus des Etats-nations ou du moins s’en affranchir dans des limites à déterminer, pour devenir, selon une nouvelle acception du mot, une ville franche quand il s'agit d'hospitalité et de refuge (...) La souveraineté étatique ne peut plus et ne devrait plus être l'horizon des villes-refuges. Est-ce possible." (Jacques Derrida)

La ville, hier comme aujourd’hui, est donc inséparable du réseau, mais la prévalence du réseau technologique oblige à rappeler les caractéristiques de la condition urbaine. La ville est alors un espace où l'on peut entrer et sortir, un espace où l’on peut trouver refuge, un espace de droit qui ne se définit pas uniquement par le dedans, l’identité, l’appartenance, mais par la relation entretenue entre un dedans et un dehors.

La ville-réseau recouvre toute sa signification au moment où l'Etat est ébranlé par la mondialisation, mais ne perdons pas de vue que la ville globale comme l'énonce Saskia Sassen peut recréer la Cité-Etat, la Cité recentrée sur elle-même, un espace urbain qui est son propre réfèrent. À la différence de la ville refuge, la ville en réseau se conçoit uniquement à l'encontre de son dehors, de ses marges, et elle entretient seulement des relations avec les autres villes globales, celles la même qui sont interconnectées.

Outre cela, la ville refuge nécessite de poser notre attention sur la multiplicité des flux qui ne sont pas tous des abréviations des flux économiques. L’hospitalité est en conséquence indiscernable des flux migratoires, de réfugiés et d’exilés qui revendiquent au milieu de la ville leur « droit à avoir des droits » (H. Arendt).

Ainsi la ville est lieu d'échange entre le dehors et le dedans, un espace de mise en relation, un droit à être traversé. La ville réseau ne s'envisage pas sur la formule de L’Etat qui concentre et s’approprie les formes de la relation. Il ne faut se méprendre, et lier la ville réseau entendue comme refuge, et la ville globale qui elle est une ville « en » réseau. Alors même que la mondialisation affaiblit l’Etat, le réseau est à même néanmoins de refaçonner à travers les villes globales la formule de l’Etat à l'intérieur d’espaces urbains connectés entre eux. L’espace public se réduit alors aux noeuds en tous genres.

transposition graphique des propos d'un non révolutionnaire



voici un court métrage réalisé par Josh Raskin, illustrant une interview de 1969 de John Lennon par un jeune fan de 14 ans. cette vidéo a remporté un oscar aux Academy Awards pour le meilleur court métrage animé.

condition urbaine et espace public

Pour Hannah Arendt, auteur de La Condition de l’homme moderne, on ne peut séparer la politique de l’invention de la Cité grecque, de la Politeia et de l’apparition d’un espace « public », un espace qui donne une visibilité « politique » aux rapports humains. Mais elle montre aussi, ainsi que les théoriciens de l’Ecole de Francfort, que cet espace public va progressivement se dégrader en même temps que le social est remplacé par le politique. Ce n'est pas dû à des raisons démographiques, quantitatives, mais relatif à la possibilité de « rendre visible » un certain type d’actions et de relations.
Comment mettre en relation, telle est le propos de l’espace public ?

À la lumière des propos de l’historienne de l’urbanisme Françoise Choay, nous vivons, avec l’entrée dans l’ère des réseaux, un monde de l’après-ville, un monde où le flux l’emporte sur le lieu, où le règne de l’urbain accompagne la mort de la ville. L’espace public s’y réduit au centre commercial et à l’espace de loisirs, l’espace public est le lieu de la connexion des flux.

Selon Rem Koolhass, volontairement provocateur, la cause de la ville urbanisée n’est qu’un souvenir des Villes-Musées européennes. Il insiste sur le paradoxe d’une Ville qui se meurt par abandon du politique. La question de l’espace public n’est plus celle de la politique mais celle de la mise en relation de flux divers.

Tout irait de pair, l’ère du réseau, la mondialisation, la mort de l’espace public, et la consomption du politique. Et pourtant, le questionnement sur la ville et l’espace est constant. La ville fige en elle des interrogations sur le monde contemporain. À travers le prisme géant de l’urbain, c’est notre rapport à la politique et à l’espace public qui est examiné.




A_ étendue urbaine et non-lieu

Peut-t-on réduire la ville uniquement à un lieu ? L’univers du réseau consiste-t-il à connecter des lieux ? Non, la condition urbaine est inséparable d’un espace caractéristique organisé comme un « non-lieu », comme un espace qui se différencie d’une zone fermé, d’une bastille ou d’une citadelle, mais aussi du Panoptique.
Prenons la définition du lieu de Michel de Certeau s'inspirant de la perspective phénoménologique de Merleau-Ponty qui déjà distinguait l'espace géométrique de l'espace anthropologique « Est un lieu l’ordre (quel qu’il soit) selon lequel les éléments sont distribués dans des rapports de coexistence. S’y trouve donc exclue la possibilité pour deux choses d’être à la même place. La loi du « propre y règne ». Il y a espace dès qu’on prend en considération des vecteurs de direction, des quantités de vitesse et la variable de temps. L’espace est un croisement de mobiles… L’espace serait au lieu ce que devient le mot quand il est parlé… En somme, l’espace est un lieu pratiqué. » .
Ainsi la problématique de l’espace public n’est donc pas celle du lieu public. L’espace de la ville ne se mélange pas avec l’ordre d’un lieu. Si l'on observe les utopies urbaines imaginées comme des lieux pleins et encadrés, le non lieu n’existe pas, il y est proprement contraire. Si le non-lieu et le désordre sont le motif de l’espace urbain, quel « désordre » concerne-t-il ?
La considération du réseau, de l’interconnexion, et de la globalisation de l'urbain nous amène dans deux chemins qui s’opposent. Soit l’on se préoccupe, tout comme Françoise Choay, de la transposition du réseau au lieu en négligeant l’idée que l’espace public n’est pas un lieu, mais la disposition de la connexion qui seule caractérise l’espace public.
Soit l’on reprend l'idée que la ville, à commencer par la ville biblique qui donne lieu à des commentaires dans la Torah, est indivisible du réseau, ce qui permet de progresser dans la connaissance de la condition urbaine et de discerner la ville qui fait réseau de la ville auto centrée.

Voisinage de Paris



Alain Bublex artiste français à réaliser en 2004 une série de projet sous l'étiquette Unbuilt, dont Le Plan Voisin de Paris.

"L’idée de ce travail est de reprendre les choses là où Le Corbusier les a laissées.
A partir du plan de 1937, du schéma de restauration de l’îlot N°6, et de l’esquisse d’ensemble, de dessiner un plan de Paris qui puisse être une représentation possible de cette ville aujourd'hui, à la suite des travaux entrepris dans les années trente sous la direction de l’architecte."



"Le Plan Voisin est une solution pour le centre de Paris, dessinée entre 1922 et 1925 par Le Corbusier. Il marque le début d’un projet sur lequel l’architecte travaillera épisodiquement jusqu’au milieu des années 40. A partir de cette réorganisation du centre de la capitale, c’est une refonte complète de l’organisation territoriale de la France qui sera publiée dans les Trois établissements humains en 1945."

Paris dans son état actuel.



Transposage de l'esquisse de 1937.



Placer la trame des autostrades surélevées qui distribueront la circulation automobile pour les immeubles d’habitation.



Adaptation du tracé au contrainte topologique et fonctionnelle de la ville.





Les cités radieuses sur leur pilotis liberent le sol...



...pour laisser la place à des parcs et jardins permettant une circulation libre et non dirigée.



Le nouveau Paris...






informations et images tirées d'une série de 3 post (1.2.3) que l'artiste à laissé sur le nouveau forum du Centre Pompidou dénommée Air de Paris.

2008-07-25

architecture _ mère des arts ?



Antony GORMLEY



L'Architecture est devenue une discipline réglementée, elle était autrefois la mère des arts. Aujourd'hui cette discipline est peut être toujours une partie de la famille des Arts, mais la hiérarchie a changé. Il semblerait que les autres atrs aient évolué, et l'Architecture s'est transformée, préoccupée essentiellement par son caractère protecteur : ordre, stabilité, contrôle, sécurité, authorité, hermétisme, institutionalisation. Ces préoccupations amènent donc au questionnement de la frontière, négociant entre le phénomène du dehans et du dehors, c'est en sa bordure que se négocient des évenements autres. Porté à une plus grande échelle, l'urbanisme subit la même problématique, entre l'intérieur et l'exterieur d'un quartier ou d'une ville. Prenant de manière abstraite le problème, et me réferrant à l'Art, il existe une possibilité de résistance créative. Sans pour autant vouloir nécessairement me placer hors l'ordre, je pointe uniquement la potentialité créative des frontières, qui permet de passer d'un ordre à un autre.

La chose architectural

Le fait de créer de faire des objets publics.

Si les politiques s'occupent de faire des règles, quelles sont alors les règles de l'espace public, considérant le bâti ou non bâti comme espace public. Quelle est la position des choses entres elles dans un tel espace.
Qui organise le territoire, qui le morcelle et établi les liens entre ses différents morceaux. Comment l'espace est il partagé, comment la proximité entre tout est négociée.

Après une décennie d'intense critique sur les méthodes de planification et les politiques territoriales, on pourrait répondre que la solution n'est certainement pas dans la passation du pouvoir à l'architecture, comme une métaphore à l'origine du bâtiment par excellence.
Il semblerait qu'un principe structuralisant combiné à une certaine autorité doit être introduit, c'est à dire quelque chose qui peut être circonscrit avec la notion grecque arché. Des mécanismes culturels qui tendrait viendrait automatiquement vers un spécialiste : l'archi-tecte.

Si la position de l'architecte est ambivalente, comment puis-je en tant que future architecte m'écarter de l'héritage de la problématique de la profession, c'est à dire sa tendance à déterminer un état futur, un telos? Comment puis-je aller à l'encontre de la primauté du telos qui est basé sur une procédure qui détermine et subordonne la place des différents éléments? Une tentative contemporaine d'investir ces problèmes pourrait accepter l'autorité, donc le Politique, mais sans pour autant retourner vers les modèles traditionnels de la discipline , une « chose » doit être construite afin de pouvoir être partagée avec les autres disciplines pour que l'autorité puisse être rendue. L'urbain est rédigé traditionnellement par le pouvoir politique, qui à fait entrer la question esthétique dans sa démarche depuis le XIXème siècle, et l'architecture doit pour pouvoir évoluer en permettant une grande flexibilité en son sein, c'est à dire une neutralité.

Ainsi pour reprendre la question de la position de l'architecte, je crois qu'il est nécessaire de faire le constat des différentes décisions politiques.

La ville, le réseau et le lien espace_lieu

Il y a chez Aristote des définitions époustouflantes, la philia est la vertu même de la Polis. Le lieu fait lien. La philia c'est le lien (avec nous, notre passé et les autres). Ce qui fait a la ville c'est le lien avec les autres, plus qu'avec la patrie et la cité.
Italo Calvino dit " la ville pour celui qui y passe sans y entrer est une chose, et une autre pour celui qui s'y trouve pris, et n'en sort pas; une chose est la ville où l'on arrive pour la première fois, une autre celle que l'on quitte pour n'y pas retourner; chacune mérite un nom différent." (villes invisibles)
la ville est un lieu de passage, c'est son motif, elle s'est crée au croisement de routes, de flux différents, un fleuve une route....
ainsi son nom est forcément un nom de lieu de passage.
en thermes sémiotiques, c'est à dire dans la perspective de l'élucidation de ses significations, la ville renvoie à la problématique de l'espace.c'est la problématique de l'espace et avec elle , la logique de signification qu'elle instaure, qui vont servir de cadre à l'énonciation de la ville, car celle ci, socialement, politiquement, est avant tout, une agglomération de citoyens appartenant à la même communauté et habitant le même lieu.
dans la langue et dans les usages culturels , le concept de ville s'organise autour d'oppositions comme l'opposition centre/ périphérie, dont la référence est essentiellement spatiale.

réseau

[Définition WIKIPéDIA]
Un réseau est un ensemble de nœuds (ou pôles) reliés entre eux par des liens (canaux). Les nœuds peuvent être des points massiques simples ou des sous-réseaux complexes. Les canaux sont à leur tour des flux de force, d'énergie ou d'information.
L'étymologie du mot remonte au latin rete qui signifie « filet », donnant l'adjectif « réticulé », caractérisant les objets ayant une structure de filet, notamment les réseaux.
Le réseau est une forme ou structure particulièrement présente dans l'organisation du vivant, avec des réseaux « matériels » dans les organismes (réseau sanguin, réseau nerveux, etc), semi-matériels (réseau lymphatique, etc.) et immatériel (réseau social).

Saskia Sassen et la notion de la "ville globale"

Saskia Sassen compte dans le monde, 40 villes globales, dont Paris. Cette dernière a subi une progression fulgurante avec des multinationales qui ont une capacité de gestion mondialisée.
Paris est considéré comme un grand centre financier, haut lieu de culture, s'exprimant par ses hôtels, ses restaurants, leur grande variété, les lieux de distraction (opéra, théâtres, musées), elle aussi la ville de nombreux sièges de firmes multinationales, de centre de recherches de haut niveau, d'agences de communication à la pointe des nouvelles technologies de l'information et de la communication, des cabinets d'avocats d'affaires, une bourse des établissements financiers... elle est une composition hétéroclite qui lui permet de devenir globale et d'être en réseau avec d'autres villes globales.
La concentration, la centralisation changent l'usage et la forme des villes.
Le phénomène de globalisation est un aspect du paysage économique actuel. Nous faisons face aujourd'hui à une dispersion des flux, qu'ils soient matériels ou pas, à une rapidité de plus en plus grande. Ainsi cet évènement à un impact sur le territoire, et sur l'urbain en particulier.
La métropole est une condition, une échelle de ville, qui se prête à ce phénomène, c'est " un site stratégique à de nouvelles frontières". Bouleversant l'économie locale, car tiraillée par une échelle mondiale, accentuant les manifestations d'économies parallèles, l'apparition de nouvelles classes sociales, et le changement de la géographie de l'économie urbaine.
Il y a un paradoxe : le mouvement de concentration, des capitaux et des richesses, engendre en même temps un mouvement de dispersion (morphologique).

2008-07-23

La série Homelux de Christophe Maout .





Le long du périphérique, les habitations verticales un peu tristes dans la lumière du jour se coiffent la nuit d'enseignes publicitaires. Parures chic pour certains, pollution visuelle pour les autres, ces en-tête forcent le regard. Inconsciemment, ils font partie de notre environnement visuel et l'on n'image plus le périphérique —notre strip à l'américaine — sans ces points de lumière. Cette série à l'approche quasi anthropologique, sans jugement, réhabilite cependant ce type d'architecture. Chaque tour ou immeuble ainsi photographié devient un magnifique objet en soi —un lieu de vie digne, gai et intrigant. Paris, la ville lumière, existe aussi à sa périphérie.

périph' en chiffres

Boulevard périphérique
Longueur, superficie, échangeurs, passages, caméras, panneaux, écrans phoniques...

Dimensions :
Longueur : 35,04 km
54 km d'échangeurs et de bretelles
110 km de murets en béton et glissières en cours de suppression

Superficie totale : 1,38 km²
- Chaussée principale : 1 000 000 m²
- Bretelles de raccordement : 380 000 m²
300 000 m² de trottoirs de service

Passages :
156 bretelles
6 échangeurs et 44 diffuseurs
Passages supérieurs : 148
- Boulevard périphérique intérieur : 75 (longueur totale : 6 192 m)
- Boulevard périphérique extérieur : 73 (longueur totale : 5 863 m)
Passages inférieurs : 105
- Boulevard périphérique intérieur : 54 (longueur totale : 7 363 m)
- Boulevard périphérique extérieur : 51 (longueur totale : 7 446 m)

Dispositif :
24 écrans phoniques anti-bruit, soit 51 100 m² sur 14 km
44 ha d'espaces verts, fleuris et boisés
10 000 arbres en bordure du périphérique
550 affiches et panneaux publicitaires lumineux
38 490 sources lumineuses (soit près de 1 000 par kilomètre) sur candélabres, en appliques ou en galeries l'éclairage
112 caméras de télésurveillance
166 bornes d'appel d'urgence
208 stations de comptage
750 capteurs
326 panneaux à messages variables

8 radars automatiques fixes

100 000 habitants vivent le long du périphérique
40 % du tracé est en tranchée, dont quelques sections couvertes (notamment Bois de Boulogne et de Vincennes), en élévation sur la moitié de son parcours et au niveau du terrain naturel sur les 10 % restant
30 % du boulevard est déjà en tunnel, couvert ou isolé par des écrans anti-bruit.

Autour du périphérique...

17 lignes de métro, 66 voies routières, 4 passerelles, 3 souterrains piétons le traversent
Il est associé à 5 centres commerciaux, 13 parkings, 22 stations service, 28 hôtels.

Source : Direction de la voirie et des déplacements, Service du patrimoine de voirie.