2008-08-24

Espace sous tension



Roadsworth


Les circonstances déterminantes de la ville se raccordent à la phénoménologie de la ville et sont indissociables d’une inclination démocratique. Et pour cause, l’espace urbain s’invente entre l'espace en marge à l'extérieur, et l'espace clos, Étatique.

En conséquence, il faut questionner la ville et l’espace urbain non pas dans le sens de sa disposition mais s'attacher plutôt à l'arrangement des flux transnationaux (pas seulement les flux économiques), à la mise en place d'un espace politique , à l'attention à une démarche urbaine( harmonie entre les différentes échelles de couple que l'espace peut former : espace /monde, espace /ville , espace individualisé).
Le questionnement ne se fait pas sur la juste portée de l’action politique (quel lieu favoriser : le local, la régional, le trans-national, le mondial), la question porte donc sur la relation entre ces divers modalités : sortir et entrer.

La ville idéale n'existe pas, et son modèle non plus, il faut utiliser le qustionnement sur la condition de la ville pour pouvoir préparer l'évolution de celle ci dans le monde du réseau.
Saskia Sassen nous enseigne que celui-ci peut aller contre la condition de la ville et la démocratie, par la mise en place de ville globales qui fragmentent l'espace mondialisé tout comme l'espace métroppolitain .
L'attention aux moyens d'action de la ville a encore plus de sens depuis que le monde de la dernière mondialisation se garde de la conflictualité, optant pour la guerre plutôt que la confrontation politique. L'enseignement du sociologue Zygmunt Baumann dans son essai « Le coût humain de la mondialisation » nous éclaire sur les phénomènes préoccupants qui agitent le monde actuel : affaiblissement de l'Etat-nation, primat du marché sur le politique, rôle des nouveaux médias, obsessions sécuritaires, régression sociale, etc. En dévoilant ces non-dit, il dénnonce la profonde crise des valeurs humanistes que nous traversons. Et prouve bien que la plus grande fluidité appelle une désir de sécurité croissante, et donc une constance de l’Etat .

L’idée de condition de la ville garde l'intégralité de son sens : la Polis comme unité dans la discorde. D'après le phénoménologue Jan Patocka, l'originalité de l'Europe dans l'histoire de l'humanité réside dans la naissance d'une réflexion grâce à laquelle l'homme se libère de la tradition pour entrer dans le présent. Mais ce constat structurel au sujet de l'esprit européen ne doit pas se situer hors de toute axiologie. Bien au contraire. La tâche de l'Europe est de prendre soin de l'âme des hommes et participer à cette aspiration vers la compréhension et le sens face à l'absurdité écrasante, au chaos, à la représentation démoralisante de la situation planétaire comme immaîtrisable.

Mais ce mouvement oblige à ne pas observer la ville comme un lieu ou un territoire , mais plutôt comme un lieu qui autorise la dé-territorialisation, et qui fait le lien entre le dedans et le dehors, qui a permi la conflict en son sein par l’institution du politique, l'écart et l'énergie entre le centre et la périphérie.

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