2008-08-23

Samuel HANTAï Le muet, l'aveugle, la toile libre

canal 6 sélectionnée dans Arts


"C'est l'espace entre les feuilles qui fait l'arbre." Hantaï. C'est donc le manque qui définit le plein, comme la couleur dans son oeuvre est définie par l'espace laissé blanc du pliage. L'espace de réserve.
Laisser un blanc, c'est accepter son manque, c'est accepter une défaillance, le fait que nous ne sommes pas pleins.
Hantaï semble chercher sans cesse tout ce qui pourrait ainsi libérer l'oeuvre de l'empire de la subjectivité pour la rendre à sa spontanéité. C'est "peindre sans voir, en regardant ailleurs, vacant, absence de valeur, de contenu, inoccupé, inhabilité, vague..." Laisser flotter le regard, c'est suspendre l'identification immédiate des choses, c'est refuser de distinguer selon l'évidence et d'assigner une place selon le bons sens. Il faut savoir fermer les yeux. Fermer les yeux sur ce monde que nous occultons pour qu'il puisse surgir enfin.

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