Dés lors que les premiers tracés de villes ont été pensés, il s'agissait de déterminer l'organisation de celle ci, ou de définir l'arrangement d'un quartier. Ceci afin d'en établir une image entière et de dresser des règles propres aux lieux, et à ses contenants bâtis. L'action d'établir la ville a pour but d'occuper ses espaces vides, et a pour visée son évolution. Aujourd'hui l'espace libre à l'intérieur de la ville est quelque peu rare, c'est pourquoi nous nous efforçons en temps que concepteur d'espace de refaçonner certains aspect de celle ci et/ou d'aider la naissance de lieux en devenir dans des zones de potentialités . Il faut cependant faire une distinction entre l'architecture et l'urbanisme, la première a pour but un élément fini et solide, alors que le deuxième s'applique à poursuivre une évolution dans le temps.
L'image que l'on se fait de la ville aujourd'hui est transformée par l'importance des nouvelles technologies, modifiant notre regard sur l'espace urbain. Mais c'est justement par ce renversement du temps sur le lieu que nous faisons face avec l'univers virtuel, celui ci nous permettant d'apporter une nouvelle manière de ressentir la ville. J'utilise ici la notion de « sens » , car il est possible d'illustrer des données générées par l'urbain, et par les flux qui le traverse. Partant de cela je confère à la ville la dimension d'un corps vivant, et vibrant. L'espace urbain est ainsi fait de zones en mutations, grandissantes, s'adaptant aux décisions politiques et aux usages appropriés à la population, à ses usagers. Ainsi la manière de façonner la ville a pour but de faire se rencontrer ses différents composantes et d'apporter la possibilité d'existence d'oppositions. Pour penser un espace il faut s'attacher aux usages existant du lieu auquel il appartient, et à leur histoire sur un plan local comme général.
///Espace urbain et politique
///L'urbain, lieu d'énergies
///Circonstances Urbaines réseau et espace public
///Les enjeux de la traversée du périphérique et l'écho urbain
///Espace urbain et politique
_ Cité grecque et invention de la démocratie
la cité grecque à l'origine de la démocratie, a unifié la ville, et a crée une entité en celle ci , un corps urbain , au nom des citoyens. L'espace public est alors un ensemble indivisible
_ La Renaissance et l'humanisme ou division du corps urbain
cette nouvelle aire propose une coupure entre le pouvoir et la société, permettant ainsi la possibilité de conflit. Elle coupe avec la tradition grecque car elle divise l'espace public
_ l'espace urbain et la politique aujourd'hui en France
(à terminer) De l'histoire des enceintes de paris au périphérique à la relation entre Paris et sa banlieue au travers des politiques de la ville
///L'urbain, lieu d'énergies
_L'espace urbain est partagé entre son appartenance à un système étatique et son attirance vers l'extérieur, soit par le rayonnement ou par la conquête d'espace. La ville devient un lieu ou des échelles opposées se confrontent. Ces par ces oppositions qui apparaissent dans la mesure de la ville que naissent des énergies et potentialités.
_Les rythmes de la ville entre l'individu et la foule, les oppositions que l'on rencontre au quotidien. Les données qui constituent la ville liée à la question de la division et de la mise en relation.
_Une autre vision de l'énergie de la vie est portée par sa relation aux flux qu'elle brasse, qui la traverse et qu'elle génère tous quantifiable, comme un murmure, un langage de la ville. ( ceci est aussi applicable à une démarche expérimentale/ les data comme langage)
///Circonstances Urbaines réseau et espace public
_urbain réseau et non lieu
la ville n'est pas un lieu, et l'univers du réseau ne consiste pas à connecter ces lieux. C'est par le réseau que l'espace est public , c'est par sa disposition à le propager et le nourrir. Le réseau propage l'espace au delà de sa physicalité, il est une structure qui lie le global au local. La surmodernité qui permet de raccourcir les distances et les accès dans ces réseaux est aussi génératrice de « non-lieux », d'espaces banaux.
_ville réseau état
La ville réseau étend un lieu de propagation, elle apporte des entrées et des sorties. Son existence a permis l'échange de données. Le modèle étatique, fermé sur lui même, est un modèle de saisie de la ville.
_La ville réseau comme abri
elle est un refuge, un espace de droit qui ne se définit pas uniquement par le dedans, l'identité, l'appartenance, mais par la relation entretenue entre un dedans et un dehors.
///Les enjeux de la traversée du périphérique et l'écho urbain
_la culture urbaine_l'art urbain comme langage de la ville
_ Paris _ Grand-Paris : intentions et enjeux d'un espace reliant Paris à Saint-Ouen.
Redonner une vrai dimension à la Porte de Saint-Ouen, écho/amorce de projet dans le Paris intra-muros d'aujourd'hui et écho/projet dans les docks de Saint-Ouen.
2008-08-29
2008-08-24
Art de rue



Le projet Dispatchwork, est une réalisation de Jan Vormann , du collectif “20 Eventi”, dans la ville de Bocchignano en Italie.
Ici aussi nous observons une forme de langage de la ville, et l'artiste fait appel à notre souvenir, à l'enfance. cela pourrait passer pour naïf, mais ce qui important de noter c'est cette minutie, cet espace quasi millimétrique, ce délaissé urbain de petite échelle, investit pour accueillir un geste tel.
Art de rue
Quand le graffiti n'est plus considérable comme une dégradation, voilà ce qu'atteint Alexandre Orion, cet artiste brésilien a pris le contre pied de la simple dégradation du bien public. son œuvre "la maison de ville charnelle" consiste en une série de crânes dessinés, ou plutôt essuyés sur les parois d'une voie souterraine. La pollution déposée sur les murs noircissants sont aspect premier, il a simplement au moyen d'un chiffon , révélé des visage muets observant le flux des voitures impassibles.
Je pointe ici cette œuvre, car elle est une poésie urbaine , de ce mode d'expression qui n'appartient qu'à la ville. Je crois qu'il est important de noter l'art urbain , ici les graffitis, comme un langage de la ville et non un moyen de salir cette dernière.
Espace sous tension


Roadsworth
Les circonstances déterminantes de la ville se raccordent à la phénoménologie de la ville et sont indissociables d’une inclination démocratique. Et pour cause, l’espace urbain s’invente entre l'espace en marge à l'extérieur, et l'espace clos, Étatique.
En conséquence, il faut questionner la ville et l’espace urbain non pas dans le sens de sa disposition mais s'attacher plutôt à l'arrangement des flux transnationaux (pas seulement les flux économiques), à la mise en place d'un espace politique , à l'attention à une démarche urbaine( harmonie entre les différentes échelles de couple que l'espace peut former : espace /monde, espace /ville , espace individualisé).
Le questionnement ne se fait pas sur la juste portée de l’action politique (quel lieu favoriser : le local, la régional, le trans-national, le mondial), la question porte donc sur la relation entre ces divers modalités : sortir et entrer.
La ville idéale n'existe pas, et son modèle non plus, il faut utiliser le qustionnement sur la condition de la ville pour pouvoir préparer l'évolution de celle ci dans le monde du réseau.
Saskia Sassen nous enseigne que celui-ci peut aller contre la condition de la ville et la démocratie, par la mise en place de ville globales qui fragmentent l'espace mondialisé tout comme l'espace métroppolitain .
L'attention aux moyens d'action de la ville a encore plus de sens depuis que le monde de la dernière mondialisation se garde de la conflictualité, optant pour la guerre plutôt que la confrontation politique. L'enseignement du sociologue Zygmunt Baumann dans son essai « Le coût humain de la mondialisation » nous éclaire sur les phénomènes préoccupants qui agitent le monde actuel : affaiblissement de l'Etat-nation, primat du marché sur le politique, rôle des nouveaux médias, obsessions sécuritaires, régression sociale, etc. En dévoilant ces non-dit, il dénnonce la profonde crise des valeurs humanistes que nous traversons. Et prouve bien que la plus grande fluidité appelle une désir de sécurité croissante, et donc une constance de l’Etat .
L’idée de condition de la ville garde l'intégralité de son sens : la Polis comme unité dans la discorde. D'après le phénoménologue Jan Patocka, l'originalité de l'Europe dans l'histoire de l'humanité réside dans la naissance d'une réflexion grâce à laquelle l'homme se libère de la tradition pour entrer dans le présent. Mais ce constat structurel au sujet de l'esprit européen ne doit pas se situer hors de toute axiologie. Bien au contraire. La tâche de l'Europe est de prendre soin de l'âme des hommes et participer à cette aspiration vers la compréhension et le sens face à l'absurdité écrasante, au chaos, à la représentation démoralisante de la situation planétaire comme immaîtrisable.
Mais ce mouvement oblige à ne pas observer la ville comme un lieu ou un territoire , mais plutôt comme un lieu qui autorise la dé-territorialisation, et qui fait le lien entre le dedans et le dehors, qui a permi la conflict en son sein par l’institution du politique, l'écart et l'énergie entre le centre et la périphérie.
2008-08-23
Le rythme de la ville
Une fois suivie les circonstances de la ville à travers l''histoire, que pourrait nous apporter une phénoménologie du corps urbain ? Selon Françoise Choay le corps, le corps de l’individu dans la ville, montre la plus grande capacité d'endurance à l'aval des flux sur les lieux.
Comment re-fabriquer du non lieu, de l’espace public ? C’est aussi admettre que l'essence même d’un espace public rappelle son aptitude à mettre en relation, à opérer au sein des « non-lieux ». Pour illustrer ce propos je m'appuie sur deux auteurs, tout d'abord . Il nous montre que le corps urbain se situe entre deux données extrêmes du privé et du public, entre la mise en marge pour le privé, et l'étatisation pour le public.
« Multitude, solitude: termes égaux et convertibles(pour le poète actif et fécond). Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée. »
("les foules" Baudelaire)
Il ne faut ni se replier sur soi-même, ni se diluer dans la foule. Pour Baudelaire, il n’y a ni privé ni public, mais le besoin d'un équilibre en renversant l'état dans lequel on est, pour pouvoir atteindre une intimité dans la foule, et une complexité ou multitude dans le privé. Le corps de la ville n’a-t-il pas pour devoir de relier le corps individuel et le corps collectif en se gardant de la fusion au milieu de la masse, une caractéristique de la ville, ou la plus aiguë des solitudes ?
Face à la diversité des rythmes de la ville, à leur inclination possible par le privé ou la foule, peut-on alors supposer « une forme de la ville » ? C’est ce qu'essaye le deuxième écrivain sur lequel je m'appuie. Dans son ouvrage sur la ville de Nantes intitulé « la forme de la ville » Julien Gracq tente de saisir pourquoi cette dernière à plusieurs dimensions à ses yeux, entre l'anonyme, l'idéologique et le personnel, il met en scène les facteurs caractéristiques de l'essence de la ville. Soucieux de comprendre pourquoi Nantes est pour lui « une » ville, « la » ville, « sa » ville, Gracq met bien en scène les facteurs constitutifs d’une ville. Je les évoque et je souligne leur lien avec la question de la division et de la mise en relation.
_premièrement, une ville ne vie que selon des parcours et des trajectoires qu’elle permet .C’est une milieu de friction :
« Ce qui fait de la ville un milieu sous tension, ce n’est pas tellement la concentration de l’habitat, l’état de friction latente et continuelle qui électrise les rapports, la multiplicité des possibles ouverts à l’existence individuelle, c’est pour moi bien davantage l’antagonisme qui y règne entre un système de pentes naturellement centrifuges, qui toutes mènent le noyau urbain vers son émiettement périphérique, et, en regard, la puissante astreinte centrale qui les contrebalance, et qui maintient la cohésion de la cité (…). C’est ainsi que se reconstruit dynamiquement dans ma mémoire l’image de Nantes, un peu à la manière dont l’araignée construit sa toile. »
_ Néanmoins la trajectoire dans une ville n’est pas variable, confus, insensé, surréaliste, promis uniquement au rêve. Il n’y a d'itinéraire possible que selon des lieux urbains permettant ces circuits (école, musée, lieu de culte, mairie…). Mais ces endroits qui rythment des trajectoires sont la substance d’une « image mentale » qui se crée et qui évolue en la notion même de la ville. La forme de l'urbain est la connexion d'endroits, de trajectoires et d’une Idée de la ville qui traverse le nom de la ville et tous les noms qui relatent de son histoires (comme les noms des rues).
_ Mais alors , quels sont les lieux qui permettent ces parcours emmêlant le passé et le présent ? Ou, pour le formuler d'un autre manière , qu’est-ce qui permet qu’un lieu ou une agrégation de lieux s'accomplissent en une ville ? Ce sont ces espaces qui encouragent une relation entre deux termes, des « entre-deux » et qui produisent un effet de bascule. Le corps de la ville fait s'opposer et s'affronter ainsi que les sphères du privé et du public. La cadence urbaine est indissociable de ces lieux de basculement qui permettent une liaison où l'on ne passe pas de manière logique de l'un à l'autre mais où on passe de l’un à l’autre en évitant la fusion (la foule entassée devant un musée ou un monument) ou l'isolement .
La relation, le rythme de l’entre-deux, sont des facteurs de dissimilitude ; on ne passe pqs de l’un à l’autre de manière continue. Cette discordance est indivisible d’une rencontre plus ou moins aboutie avec l’autre.
Comment mieux comprendre cette cadence ? Elle repose sur un attachement au dé-centrement, elle est inséparable d'endroits dont les passages sont le modèles par excellence ( Baudelaire, Gracq mais aussi Walter Benjamin), et elle pousse à prendre en compte une certaine forme de solidarité, c’est-à-dire des mises en relation caractéristiques. Comment faire des nœuds, trouver le rythme qui favorise une relation qui ne se noue pas trop (la masse, la fusion, le désordre) ou ne se dénoue pas trop (le morcellement, l'échappée, la panique) ? Est ce que cela doit surprendre, la question urbaine est celle du nouage, question qui a obnubilé des peintres comme Hantaï ?
Depuis la traduction des du « livre des Passages » de Walter Benjamin les passages ces espaces recouverts de verre ou laissés à l’air libre ont longtemps été délaissés mais recouvrent leur dimension d'autrefois depuis quelques dizaines d'années. Mais quoi de plus qu'un autre milieu sous tension ou l'on peut basculer?
Comment re-fabriquer du non lieu, de l’espace public ? C’est aussi admettre que l'essence même d’un espace public rappelle son aptitude à mettre en relation, à opérer au sein des « non-lieux ». Pour illustrer ce propos je m'appuie sur deux auteurs, tout d'abord . Il nous montre que le corps urbain se situe entre deux données extrêmes du privé et du public, entre la mise en marge pour le privé, et l'étatisation pour le public.
« Multitude, solitude: termes égaux et convertibles(pour le poète actif et fécond). Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée. »
("les foules" Baudelaire)
Il ne faut ni se replier sur soi-même, ni se diluer dans la foule. Pour Baudelaire, il n’y a ni privé ni public, mais le besoin d'un équilibre en renversant l'état dans lequel on est, pour pouvoir atteindre une intimité dans la foule, et une complexité ou multitude dans le privé. Le corps de la ville n’a-t-il pas pour devoir de relier le corps individuel et le corps collectif en se gardant de la fusion au milieu de la masse, une caractéristique de la ville, ou la plus aiguë des solitudes ?
Face à la diversité des rythmes de la ville, à leur inclination possible par le privé ou la foule, peut-on alors supposer « une forme de la ville » ? C’est ce qu'essaye le deuxième écrivain sur lequel je m'appuie. Dans son ouvrage sur la ville de Nantes intitulé « la forme de la ville » Julien Gracq tente de saisir pourquoi cette dernière à plusieurs dimensions à ses yeux, entre l'anonyme, l'idéologique et le personnel, il met en scène les facteurs caractéristiques de l'essence de la ville. Soucieux de comprendre pourquoi Nantes est pour lui « une » ville, « la » ville, « sa » ville, Gracq met bien en scène les facteurs constitutifs d’une ville. Je les évoque et je souligne leur lien avec la question de la division et de la mise en relation.
_premièrement, une ville ne vie que selon des parcours et des trajectoires qu’elle permet .C’est une milieu de friction :
« Ce qui fait de la ville un milieu sous tension, ce n’est pas tellement la concentration de l’habitat, l’état de friction latente et continuelle qui électrise les rapports, la multiplicité des possibles ouverts à l’existence individuelle, c’est pour moi bien davantage l’antagonisme qui y règne entre un système de pentes naturellement centrifuges, qui toutes mènent le noyau urbain vers son émiettement périphérique, et, en regard, la puissante astreinte centrale qui les contrebalance, et qui maintient la cohésion de la cité (…). C’est ainsi que se reconstruit dynamiquement dans ma mémoire l’image de Nantes, un peu à la manière dont l’araignée construit sa toile. »
_ Néanmoins la trajectoire dans une ville n’est pas variable, confus, insensé, surréaliste, promis uniquement au rêve. Il n’y a d'itinéraire possible que selon des lieux urbains permettant ces circuits (école, musée, lieu de culte, mairie…). Mais ces endroits qui rythment des trajectoires sont la substance d’une « image mentale » qui se crée et qui évolue en la notion même de la ville. La forme de l'urbain est la connexion d'endroits, de trajectoires et d’une Idée de la ville qui traverse le nom de la ville et tous les noms qui relatent de son histoires (comme les noms des rues).
_ Mais alors , quels sont les lieux qui permettent ces parcours emmêlant le passé et le présent ? Ou, pour le formuler d'un autre manière , qu’est-ce qui permet qu’un lieu ou une agrégation de lieux s'accomplissent en une ville ? Ce sont ces espaces qui encouragent une relation entre deux termes, des « entre-deux » et qui produisent un effet de bascule. Le corps de la ville fait s'opposer et s'affronter ainsi que les sphères du privé et du public. La cadence urbaine est indissociable de ces lieux de basculement qui permettent une liaison où l'on ne passe pas de manière logique de l'un à l'autre mais où on passe de l’un à l’autre en évitant la fusion (la foule entassée devant un musée ou un monument) ou l'isolement .
La relation, le rythme de l’entre-deux, sont des facteurs de dissimilitude ; on ne passe pqs de l’un à l’autre de manière continue. Cette discordance est indivisible d’une rencontre plus ou moins aboutie avec l’autre.
Comment mieux comprendre cette cadence ? Elle repose sur un attachement au dé-centrement, elle est inséparable d'endroits dont les passages sont le modèles par excellence ( Baudelaire, Gracq mais aussi Walter Benjamin), et elle pousse à prendre en compte une certaine forme de solidarité, c’est-à-dire des mises en relation caractéristiques. Comment faire des nœuds, trouver le rythme qui favorise une relation qui ne se noue pas trop (la masse, la fusion, le désordre) ou ne se dénoue pas trop (le morcellement, l'échappée, la panique) ? Est ce que cela doit surprendre, la question urbaine est celle du nouage, question qui a obnubilé des peintres comme Hantaï ?
Depuis la traduction des du « livre des Passages » de Walter Benjamin les passages ces espaces recouverts de verre ou laissés à l’air libre ont longtemps été délaissés mais recouvrent leur dimension d'autrefois depuis quelques dizaines d'années. Mais quoi de plus qu'un autre milieu sous tension ou l'on peut basculer?
Samuel HANTAï Le muet, l'aveugle, la toile libre
"C'est l'espace entre les feuilles qui fait l'arbre." Hantaï. C'est donc le manque qui définit le plein, comme la couleur dans son oeuvre est définie par l'espace laissé blanc du pliage. L'espace de réserve.
Laisser un blanc, c'est accepter son manque, c'est accepter une défaillance, le fait que nous ne sommes pas pleins.
Hantaï semble chercher sans cesse tout ce qui pourrait ainsi libérer l'oeuvre de l'empire de la subjectivité pour la rendre à sa spontanéité. C'est "peindre sans voir, en regardant ailleurs, vacant, absence de valeur, de contenu, inoccupé, inhabilité, vague..." Laisser flotter le regard, c'est suspendre l'identification immédiate des choses, c'est refuser de distinguer selon l'évidence et d'assigner une place selon le bons sens. Il faut savoir fermer les yeux. Fermer les yeux sur ce monde que nous occultons pour qu'il puisse surgir enfin.
2008-08-22
Ville et démocratie
A _ Cité grecque et invention de la démocratie
L'origine de la démocratie athénienne est l'isonomie, elle est l’œuvre essentielle de Clisthène, qui la met en place par ses réformes de 508 et 507 av. J.-C. Ces réformes forment une charnière entre l’époque archaïque et l’époque classique. Clisthène est considéré comme le dernier législateur archaïque dans la tradition de Solon et de Dracon et comme le premier législateur de l’époque classique. Ses réformes sont préparées par Solon ainsi que par la tyrannie qui a pour conséquence une diminution du prestige des Eupatrides. (source wikipédia)
Si la création de la politique est grecque, la Cité grecque est-elle une formule absolue ? La cité inventée est placée sous le signe de l’isonomie, de l’égalité entre les citoyens. Or cette Cité incontestablement égalitaire (on n'évoque que l’égalité entre citoyens), est un espace qui fait bénéfice à l’indifférenciation. La Cité égalitaire est un Corps unique dont tous les membres ont le devoir d'être égaux. Et par cela se forge un espace public indifférencié.
L’isonomie est un système physique et une formalisation de l'espace. Avec la réforme de Clisthène « la Polis tend à prendre la forme d’un univers sans étages ni différenciations. » (J.P. Vernant).
B _ La Renaissance et l'humanisme ou division du corps urbain
Avec cette aire, nous faisons face à une division de l'espace urbain afin de permettre une vie publique. À la différence du chemin tracé par Clisthène , la Renaissance va permettre les différenciations , et donc une possibilité de division et de conflit politique au coeur de l'espace urbain. La seule condition pour que cela s'opère est la politique, pas uniquement l'agora du temps des grecs, mais la dissolution de ce corps qu'était la cité, et la différenciation d’un pôle de la politique et de la société. Si la dimension civique est fondamentale et renvoi aux modèles de Rome, de l’urbs romain, ou de la cité grecque, avec cette Re-naissance il y a une fracture au niveau de l'urbain, et de sa condition. Pour saisir une signification de cette rupture, on peut reprendre les écrits de Machiavel, la Cité moderne se démontre par le démembrement du corps autrefois unifié et par la démêlement des ordres.
La ville (villes italiennes, villes hanséatiques) se définie par l’éclatement graduel du corps unifié par division. Or, c’est l'apparition du politique, et au sens littéral d’un espace public (interdit par l’État despotique) son autonomie, qui rend possible l’indépendance d’autres ordres, dans le cas présent tout ce qu'embrasse le juridique, l’esthétique, la morale, et l’éducation etc.
La ville des cités républicaines, propose le cadre d’une double rupture : entre le pôle du gouvernement et la société, la rupture au sein même de la société (lutte des classes). Ici, le carrefour historique se perçoit mieux : la politique peut aller dans le sens d’une intensification du pôle de l’État (réunification sous l’effet d’une domination) ou bien maintient de la division consubstantiel de la l'ambiguïté démocratique. À partir de ce moment, la condition urbaine est indissociable de l’apparition d’une vie publique dont l'agencement n’est pas seulement la fondation d’un espace public (agora ou place).
« La révolution démocratique moderne se reconnaît à cette mutation : point de pouvoir lié à un Corps. Le pouvoir apparaît comme un lieu vide et ceux qui l’exercent comme de simples mortels qui ne l’occupent que temporairement ou ne sauraient s’y installer que par la force ou la ruse ; point de loi qui puisse se fixer, dont les énoncés ne soient contestables.. » (Claude Lefort à propos de Florence)
Le souffle de la démocratie, inséparable d’une transformation de l’espace urbain, public et privé, reflète une conflictualité et vide le Pouvoir de son sens, c'est à dire crée une indétermination majeure. Le problème est moins celui de l'espace public que celui de la opposition rendue possible à l'intérieur de la Cité. De la même manière que la Ville réseau cultive une relation au dehors, la ville moderne, la Cité démocratique permet une correspondance entre le centre et la périphérie mais aussi entre les différentes classes qui produisent la Cité, et entre la société civile et le pôle de la politique. L’espace de la ville est la modalité de possibilité d’une division dans un cadre commun, c’est en cela qu’il se différencie de la Cité grecque.
Ici la condition urbaine nous enseigne la question de la ville comme dés incorporation. L'apparition de la politique à l'intérieur de la Cité moderne permet la division au milieu d’un même corps.
Le dés-enchevêtrement des ordres va avec une différenciation et une indétermination de la place de la Loi. C'est la seule clause pour une mise en rapport au niveau démocratique qui donne tout son sens à l’espace public.
L'origine de la démocratie athénienne est l'isonomie, elle est l’œuvre essentielle de Clisthène, qui la met en place par ses réformes de 508 et 507 av. J.-C. Ces réformes forment une charnière entre l’époque archaïque et l’époque classique. Clisthène est considéré comme le dernier législateur archaïque dans la tradition de Solon et de Dracon et comme le premier législateur de l’époque classique. Ses réformes sont préparées par Solon ainsi que par la tyrannie qui a pour conséquence une diminution du prestige des Eupatrides. (source wikipédia)
Si la création de la politique est grecque, la Cité grecque est-elle une formule absolue ? La cité inventée est placée sous le signe de l’isonomie, de l’égalité entre les citoyens. Or cette Cité incontestablement égalitaire (on n'évoque que l’égalité entre citoyens), est un espace qui fait bénéfice à l’indifférenciation. La Cité égalitaire est un Corps unique dont tous les membres ont le devoir d'être égaux. Et par cela se forge un espace public indifférencié.
L’isonomie est un système physique et une formalisation de l'espace. Avec la réforme de Clisthène « la Polis tend à prendre la forme d’un univers sans étages ni différenciations. » (J.P. Vernant).
B _ La Renaissance et l'humanisme ou division du corps urbain
Avec cette aire, nous faisons face à une division de l'espace urbain afin de permettre une vie publique. À la différence du chemin tracé par Clisthène , la Renaissance va permettre les différenciations , et donc une possibilité de division et de conflit politique au coeur de l'espace urbain. La seule condition pour que cela s'opère est la politique, pas uniquement l'agora du temps des grecs, mais la dissolution de ce corps qu'était la cité, et la différenciation d’un pôle de la politique et de la société. Si la dimension civique est fondamentale et renvoi aux modèles de Rome, de l’urbs romain, ou de la cité grecque, avec cette Re-naissance il y a une fracture au niveau de l'urbain, et de sa condition. Pour saisir une signification de cette rupture, on peut reprendre les écrits de Machiavel, la Cité moderne se démontre par le démembrement du corps autrefois unifié et par la démêlement des ordres.
La ville (villes italiennes, villes hanséatiques) se définie par l’éclatement graduel du corps unifié par division. Or, c’est l'apparition du politique, et au sens littéral d’un espace public (interdit par l’État despotique) son autonomie, qui rend possible l’indépendance d’autres ordres, dans le cas présent tout ce qu'embrasse le juridique, l’esthétique, la morale, et l’éducation etc.
La ville des cités républicaines, propose le cadre d’une double rupture : entre le pôle du gouvernement et la société, la rupture au sein même de la société (lutte des classes). Ici, le carrefour historique se perçoit mieux : la politique peut aller dans le sens d’une intensification du pôle de l’État (réunification sous l’effet d’une domination) ou bien maintient de la division consubstantiel de la l'ambiguïté démocratique. À partir de ce moment, la condition urbaine est indissociable de l’apparition d’une vie publique dont l'agencement n’est pas seulement la fondation d’un espace public (agora ou place).
« La révolution démocratique moderne se reconnaît à cette mutation : point de pouvoir lié à un Corps. Le pouvoir apparaît comme un lieu vide et ceux qui l’exercent comme de simples mortels qui ne l’occupent que temporairement ou ne sauraient s’y installer que par la force ou la ruse ; point de loi qui puisse se fixer, dont les énoncés ne soient contestables.. » (Claude Lefort à propos de Florence)
Le souffle de la démocratie, inséparable d’une transformation de l’espace urbain, public et privé, reflète une conflictualité et vide le Pouvoir de son sens, c'est à dire crée une indétermination majeure. Le problème est moins celui de l'espace public que celui de la opposition rendue possible à l'intérieur de la Cité. De la même manière que la Ville réseau cultive une relation au dehors, la ville moderne, la Cité démocratique permet une correspondance entre le centre et la périphérie mais aussi entre les différentes classes qui produisent la Cité, et entre la société civile et le pôle de la politique. L’espace de la ville est la modalité de possibilité d’une division dans un cadre commun, c’est en cela qu’il se différencie de la Cité grecque.
Ici la condition urbaine nous enseigne la question de la ville comme dés incorporation. L'apparition de la politique à l'intérieur de la Cité moderne permet la division au milieu d’un même corps.
Le dés-enchevêtrement des ordres va avec une différenciation et une indétermination de la place de la Loi. C'est la seule clause pour une mise en rapport au niveau démocratique qui donne tout son sens à l’espace public.
2008-08-21
condition urbaine et espace public (suite)

B_Ville, réseau et État.
La ville réseau d’hier, connectée avec d’autres villes, est un espace ouvert et non un ensemble fermé, une unité repliée sur elle-même, une ville citadelle. Gilles Deleuze et F. Guattari proposent de distinguer la ville de la Cité-Etat.
« La révolution urbaine et la révolution étatique peuvent coïncider mais non pas se confondre. Il y a ville dans les deux cas, mais dans un cas la ville est une excroissance du palais ou du temple, dans l’autre cas, le palais, le temple est une concrétion de la ville. » Cela veut ainsi dire que les moyens d'action de l’urbain font obstacle à la mise en oeuvre d’une ville projetée sur le mode de l’État (centralité et hiérarchie, fermeture et frontières).
« La ville est le corrélât de la route. Elle n’existe qu’en fonction d’une circulation et de circuits ; elle est un point remarquable sur de circuits qui la créent ou qu’elle crée. Elle se définit par des entrées et des sorties, il faut que quelque chose y entre et en sorte. Elle représente un seuil de déterritorialisation. Les villes sont des points-circuits de toute nature qui font contrepoint sur les lignes horizontales ; elles opèrent une intégration complète, mais locale, et de ville en ville. Le pouvoir de la ville (trans-consistant) invente l’idée de magistrature, il est très différent du fonctionnariat d’Etat qui est un phénomène d’intra consistance. Il fait résonner ensemble des points d’ordre très divers, qui ne sont pas forcément déjà des villes-pôles. Il opère par stratification, c’est-à-dire forme un ensemble vertical et hiérarchisé qui traverse les villes horizontales en profondeur. »
Appréhendant la ville sous l'angle du nomade (celui qui n’a pas de territoire) et non pas du sédentaire, Gilles Deleuze affirme que l’histoire moderne a fait apparaître une opposition entre la forme État et la forme ville ; entre un système hiérarchique et vertical et un réseau horizontal de connexion ; entre un développement d'organisation et d’aménagement du territoire et un mécanisme de déterritorialisation.
La forme ville s’est largement développée dans les villes-foires en France à la période médiévale, dans les villes marchandes ou hanséatiques, Barcelone, Venise, les villes d’Islam. Ces villes ne fonctionnent qu'en réseau, pas en considérant uniquement le lien commercial, mais en appelant aussi aux échanges symboliques ou culturels. La ville est résultante de ce réseau : elle est une machine dont les mécanismes d’entrées et de sorties sont réglés par une magistrature.
La forme État, c’est la constitution ou l’aménagement du territoire. Mais l’instrument d’État est toujours un instrument de saisie de la ville.
Fernand Braudel parle de « deux coureurs » dans la civilisation matérielle et capitaliste, l’État et la ville, mais aussi la Cité État et la ville réseau. « Mais l’État gagne d’ordinaire, il a discipliné les villes, avec un acharnement instinctif (…). Où que nous tournions nos yeux à travers l’Europe entière, il a rejoint le galop des villes. »
La ville réseau est ancienne, elle ne se détermine pas par le défaut de centre ou de centralité mais par le besoin de garantir des bornes, de permettre des entrées et des sorties. Elle ne peut pas être autocentrée à moins de s'engager vers le modèle de l’État. La ville réseau se pense sous le signe de la mise en relation.
C_ La ville réseau comme abri
Les particularités de la ville réseau sont ramenées au premier plan avec la constatation d’une mondialisation coordonnée sur la disposition du réseau. Plusieurs réflexions retiennent notre attention : Anciennement la ville réseau correspondait à la ville-refuge. Il est intéressant de remarquer que dans la tradition juive, la ville est un lieu d’accueil pour celui qui se tient au dehors et qui n’est pas définit comme intégralement coupable ou innocent. La ville est ce lieu où le droit est respecté. Cet endroit où le criminel involontaire peut trouver refuge pour échapper à une éventuelle vengeance. Ainsi la ville devient un lieu o l'on peut s'exiler.
« La loi de Moïse désigne des villes-refuges où le meurtrier involontaire se réfugie ou s’exile. Se réfugie ou s’exile : il y a les deux. Pour le meurtrier involontaire qui est aussi meurtrier par imprudence, la ville-refuge est aussi un exil : une sanction. Sommes-nous assez conscients, assez éveillés, hommes déjà assez hommes ? Quoi qu’il en soit, il faut des villes-refuges, où ces demi-coupables, où ces demi-innocents, puissent séjourner à l’abri de la vengeance.» (Emmanuel Levinas)
Aujourd’hui, dès lors que l’on pense que la mondialisation crée des inégalités insoutenables et des massifications, la ville est caractérisée par son devoir d’hospitalité.
« Si le nom et l’identité de quelque chose comme la ville ont encore un sens et restent l’objet d’une référence pertinente, une ville peut-elle s’élever au-dessus des Etats-nations ou du moins s’en affranchir dans des limites à déterminer, pour devenir, selon une nouvelle acception du mot, une ville franche quand il s'agit d'hospitalité et de refuge (...) La souveraineté étatique ne peut plus et ne devrait plus être l'horizon des villes-refuges. Est-ce possible." (Jacques Derrida)
La ville, hier comme aujourd’hui, est donc inséparable du réseau, mais la prévalence du réseau technologique oblige à rappeler les caractéristiques de la condition urbaine. La ville est alors un espace où l'on peut entrer et sortir, un espace où l’on peut trouver refuge, un espace de droit qui ne se définit pas uniquement par le dedans, l’identité, l’appartenance, mais par la relation entretenue entre un dedans et un dehors.
La ville-réseau recouvre toute sa signification au moment où l'Etat est ébranlé par la mondialisation, mais ne perdons pas de vue que la ville globale comme l'énonce Saskia Sassen peut recréer la Cité-Etat, la Cité recentrée sur elle-même, un espace urbain qui est son propre réfèrent. À la différence de la ville refuge, la ville en réseau se conçoit uniquement à l'encontre de son dehors, de ses marges, et elle entretient seulement des relations avec les autres villes globales, celles la même qui sont interconnectées.
Outre cela, la ville refuge nécessite de poser notre attention sur la multiplicité des flux qui ne sont pas tous des abréviations des flux économiques. L’hospitalité est en conséquence indiscernable des flux migratoires, de réfugiés et d’exilés qui revendiquent au milieu de la ville leur « droit à avoir des droits » (H. Arendt).
Ainsi la ville est lieu d'échange entre le dehors et le dedans, un espace de mise en relation, un droit à être traversé. La ville réseau ne s'envisage pas sur la formule de L’Etat qui concentre et s’approprie les formes de la relation. Il ne faut se méprendre, et lier la ville réseau entendue comme refuge, et la ville globale qui elle est une ville « en » réseau. Alors même que la mondialisation affaiblit l’Etat, le réseau est à même néanmoins de refaçonner à travers les villes globales la formule de l’Etat à l'intérieur d’espaces urbains connectés entre eux. L’espace public se réduit alors aux noeuds en tous genres.
transposition graphique des propos d'un non révolutionnaire
voici un court métrage réalisé par Josh Raskin, illustrant une interview de 1969 de John Lennon par un jeune fan de 14 ans. cette vidéo a remporté un oscar aux Academy Awards pour le meilleur court métrage animé.
condition urbaine et espace public
Pour Hannah Arendt, auteur de La Condition de l’homme moderne, on ne peut séparer la politique de l’invention de la Cité grecque, de la Politeia et de l’apparition d’un espace « public », un espace qui donne une visibilité « politique » aux rapports humains. Mais elle montre aussi, ainsi que les théoriciens de l’Ecole de Francfort, que cet espace public va progressivement se dégrader en même temps que le social est remplacé par le politique. Ce n'est pas dû à des raisons démographiques, quantitatives, mais relatif à la possibilité de « rendre visible » un certain type d’actions et de relations.
Comment mettre en relation, telle est le propos de l’espace public ?
À la lumière des propos de l’historienne de l’urbanisme Françoise Choay, nous vivons, avec l’entrée dans l’ère des réseaux, un monde de l’après-ville, un monde où le flux l’emporte sur le lieu, où le règne de l’urbain accompagne la mort de la ville. L’espace public s’y réduit au centre commercial et à l’espace de loisirs, l’espace public est le lieu de la connexion des flux.
Selon Rem Koolhass, volontairement provocateur, la cause de la ville urbanisée n’est qu’un souvenir des Villes-Musées européennes. Il insiste sur le paradoxe d’une Ville qui se meurt par abandon du politique. La question de l’espace public n’est plus celle de la politique mais celle de la mise en relation de flux divers.
Tout irait de pair, l’ère du réseau, la mondialisation, la mort de l’espace public, et la consomption du politique. Et pourtant, le questionnement sur la ville et l’espace est constant. La ville fige en elle des interrogations sur le monde contemporain. À travers le prisme géant de l’urbain, c’est notre rapport à la politique et à l’espace public qui est examiné.
A_ étendue urbaine et non-lieu
Peut-t-on réduire la ville uniquement à un lieu ? L’univers du réseau consiste-t-il à connecter des lieux ? Non, la condition urbaine est inséparable d’un espace caractéristique organisé comme un « non-lieu », comme un espace qui se différencie d’une zone fermé, d’une bastille ou d’une citadelle, mais aussi du Panoptique.
Prenons la définition du lieu de Michel de Certeau s'inspirant de la perspective phénoménologique de Merleau-Ponty qui déjà distinguait l'espace géométrique de l'espace anthropologique « Est un lieu l’ordre (quel qu’il soit) selon lequel les éléments sont distribués dans des rapports de coexistence. S’y trouve donc exclue la possibilité pour deux choses d’être à la même place. La loi du « propre y règne ». Il y a espace dès qu’on prend en considération des vecteurs de direction, des quantités de vitesse et la variable de temps. L’espace est un croisement de mobiles… L’espace serait au lieu ce que devient le mot quand il est parlé… En somme, l’espace est un lieu pratiqué. » .
Ainsi la problématique de l’espace public n’est donc pas celle du lieu public. L’espace de la ville ne se mélange pas avec l’ordre d’un lieu. Si l'on observe les utopies urbaines imaginées comme des lieux pleins et encadrés, le non lieu n’existe pas, il y est proprement contraire. Si le non-lieu et le désordre sont le motif de l’espace urbain, quel « désordre » concerne-t-il ?
La considération du réseau, de l’interconnexion, et de la globalisation de l'urbain nous amène dans deux chemins qui s’opposent. Soit l’on se préoccupe, tout comme Françoise Choay, de la transposition du réseau au lieu en négligeant l’idée que l’espace public n’est pas un lieu, mais la disposition de la connexion qui seule caractérise l’espace public.
Soit l’on reprend l'idée que la ville, à commencer par la ville biblique qui donne lieu à des commentaires dans la Torah, est indivisible du réseau, ce qui permet de progresser dans la connaissance de la condition urbaine et de discerner la ville qui fait réseau de la ville auto centrée.
Comment mettre en relation, telle est le propos de l’espace public ?
À la lumière des propos de l’historienne de l’urbanisme Françoise Choay, nous vivons, avec l’entrée dans l’ère des réseaux, un monde de l’après-ville, un monde où le flux l’emporte sur le lieu, où le règne de l’urbain accompagne la mort de la ville. L’espace public s’y réduit au centre commercial et à l’espace de loisirs, l’espace public est le lieu de la connexion des flux.
Selon Rem Koolhass, volontairement provocateur, la cause de la ville urbanisée n’est qu’un souvenir des Villes-Musées européennes. Il insiste sur le paradoxe d’une Ville qui se meurt par abandon du politique. La question de l’espace public n’est plus celle de la politique mais celle de la mise en relation de flux divers.
Tout irait de pair, l’ère du réseau, la mondialisation, la mort de l’espace public, et la consomption du politique. Et pourtant, le questionnement sur la ville et l’espace est constant. La ville fige en elle des interrogations sur le monde contemporain. À travers le prisme géant de l’urbain, c’est notre rapport à la politique et à l’espace public qui est examiné.
A_ étendue urbaine et non-lieu
Peut-t-on réduire la ville uniquement à un lieu ? L’univers du réseau consiste-t-il à connecter des lieux ? Non, la condition urbaine est inséparable d’un espace caractéristique organisé comme un « non-lieu », comme un espace qui se différencie d’une zone fermé, d’une bastille ou d’une citadelle, mais aussi du Panoptique.
Prenons la définition du lieu de Michel de Certeau s'inspirant de la perspective phénoménologique de Merleau-Ponty qui déjà distinguait l'espace géométrique de l'espace anthropologique « Est un lieu l’ordre (quel qu’il soit) selon lequel les éléments sont distribués dans des rapports de coexistence. S’y trouve donc exclue la possibilité pour deux choses d’être à la même place. La loi du « propre y règne ». Il y a espace dès qu’on prend en considération des vecteurs de direction, des quantités de vitesse et la variable de temps. L’espace est un croisement de mobiles… L’espace serait au lieu ce que devient le mot quand il est parlé… En somme, l’espace est un lieu pratiqué. » .
Ainsi la problématique de l’espace public n’est donc pas celle du lieu public. L’espace de la ville ne se mélange pas avec l’ordre d’un lieu. Si l'on observe les utopies urbaines imaginées comme des lieux pleins et encadrés, le non lieu n’existe pas, il y est proprement contraire. Si le non-lieu et le désordre sont le motif de l’espace urbain, quel « désordre » concerne-t-il ?
La considération du réseau, de l’interconnexion, et de la globalisation de l'urbain nous amène dans deux chemins qui s’opposent. Soit l’on se préoccupe, tout comme Françoise Choay, de la transposition du réseau au lieu en négligeant l’idée que l’espace public n’est pas un lieu, mais la disposition de la connexion qui seule caractérise l’espace public.
Soit l’on reprend l'idée que la ville, à commencer par la ville biblique qui donne lieu à des commentaires dans la Torah, est indivisible du réseau, ce qui permet de progresser dans la connaissance de la condition urbaine et de discerner la ville qui fait réseau de la ville auto centrée.
Voisinage de Paris

Alain Bublex artiste français à réaliser en 2004 une série de projet sous l'étiquette Unbuilt, dont Le Plan Voisin de Paris.
"L’idée de ce travail est de reprendre les choses là où Le Corbusier les a laissées.
A partir du plan de 1937, du schéma de restauration de l’îlot N°6, et de l’esquisse d’ensemble, de dessiner un plan de Paris qui puisse être une représentation possible de cette ville aujourd'hui, à la suite des travaux entrepris dans les années trente sous la direction de l’architecte."

"Le Plan Voisin est une solution pour le centre de Paris, dessinée entre 1922 et 1925 par Le Corbusier. Il marque le début d’un projet sur lequel l’architecte travaillera épisodiquement jusqu’au milieu des années 40. A partir de cette réorganisation du centre de la capitale, c’est une refonte complète de l’organisation territoriale de la France qui sera publiée dans les Trois établissements humains en 1945."
Paris dans son état actuel.

Transposage de l'esquisse de 1937.

Placer la trame des autostrades surélevées qui distribueront la circulation automobile pour les immeubles d’habitation.

Adaptation du tracé au contrainte topologique et fonctionnelle de la ville.


Les cités radieuses sur leur pilotis liberent le sol...

...pour laisser la place à des parcs et jardins permettant une circulation libre et non dirigée.

Le nouveau Paris...


informations et images tirées d'une série de 3 post (1.2.3) que l'artiste à laissé sur le nouveau forum du Centre Pompidou dénommée Air de Paris.
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