2008-07-25

architecture _ mère des arts ?



Antony GORMLEY



L'Architecture est devenue une discipline réglementée, elle était autrefois la mère des arts. Aujourd'hui cette discipline est peut être toujours une partie de la famille des Arts, mais la hiérarchie a changé. Il semblerait que les autres atrs aient évolué, et l'Architecture s'est transformée, préoccupée essentiellement par son caractère protecteur : ordre, stabilité, contrôle, sécurité, authorité, hermétisme, institutionalisation. Ces préoccupations amènent donc au questionnement de la frontière, négociant entre le phénomène du dehans et du dehors, c'est en sa bordure que se négocient des évenements autres. Porté à une plus grande échelle, l'urbanisme subit la même problématique, entre l'intérieur et l'exterieur d'un quartier ou d'une ville. Prenant de manière abstraite le problème, et me réferrant à l'Art, il existe une possibilité de résistance créative. Sans pour autant vouloir nécessairement me placer hors l'ordre, je pointe uniquement la potentialité créative des frontières, qui permet de passer d'un ordre à un autre.

La chose architectural

Le fait de créer de faire des objets publics.

Si les politiques s'occupent de faire des règles, quelles sont alors les règles de l'espace public, considérant le bâti ou non bâti comme espace public. Quelle est la position des choses entres elles dans un tel espace.
Qui organise le territoire, qui le morcelle et établi les liens entre ses différents morceaux. Comment l'espace est il partagé, comment la proximité entre tout est négociée.

Après une décennie d'intense critique sur les méthodes de planification et les politiques territoriales, on pourrait répondre que la solution n'est certainement pas dans la passation du pouvoir à l'architecture, comme une métaphore à l'origine du bâtiment par excellence.
Il semblerait qu'un principe structuralisant combiné à une certaine autorité doit être introduit, c'est à dire quelque chose qui peut être circonscrit avec la notion grecque arché. Des mécanismes culturels qui tendrait viendrait automatiquement vers un spécialiste : l'archi-tecte.

Si la position de l'architecte est ambivalente, comment puis-je en tant que future architecte m'écarter de l'héritage de la problématique de la profession, c'est à dire sa tendance à déterminer un état futur, un telos? Comment puis-je aller à l'encontre de la primauté du telos qui est basé sur une procédure qui détermine et subordonne la place des différents éléments? Une tentative contemporaine d'investir ces problèmes pourrait accepter l'autorité, donc le Politique, mais sans pour autant retourner vers les modèles traditionnels de la discipline , une « chose » doit être construite afin de pouvoir être partagée avec les autres disciplines pour que l'autorité puisse être rendue. L'urbain est rédigé traditionnellement par le pouvoir politique, qui à fait entrer la question esthétique dans sa démarche depuis le XIXème siècle, et l'architecture doit pour pouvoir évoluer en permettant une grande flexibilité en son sein, c'est à dire une neutralité.

Ainsi pour reprendre la question de la position de l'architecte, je crois qu'il est nécessaire de faire le constat des différentes décisions politiques.

La ville, le réseau et le lien espace_lieu

Il y a chez Aristote des définitions époustouflantes, la philia est la vertu même de la Polis. Le lieu fait lien. La philia c'est le lien (avec nous, notre passé et les autres). Ce qui fait a la ville c'est le lien avec les autres, plus qu'avec la patrie et la cité.
Italo Calvino dit " la ville pour celui qui y passe sans y entrer est une chose, et une autre pour celui qui s'y trouve pris, et n'en sort pas; une chose est la ville où l'on arrive pour la première fois, une autre celle que l'on quitte pour n'y pas retourner; chacune mérite un nom différent." (villes invisibles)
la ville est un lieu de passage, c'est son motif, elle s'est crée au croisement de routes, de flux différents, un fleuve une route....
ainsi son nom est forcément un nom de lieu de passage.
en thermes sémiotiques, c'est à dire dans la perspective de l'élucidation de ses significations, la ville renvoie à la problématique de l'espace.c'est la problématique de l'espace et avec elle , la logique de signification qu'elle instaure, qui vont servir de cadre à l'énonciation de la ville, car celle ci, socialement, politiquement, est avant tout, une agglomération de citoyens appartenant à la même communauté et habitant le même lieu.
dans la langue et dans les usages culturels , le concept de ville s'organise autour d'oppositions comme l'opposition centre/ périphérie, dont la référence est essentiellement spatiale.

réseau

[Définition WIKIPéDIA]
Un réseau est un ensemble de nœuds (ou pôles) reliés entre eux par des liens (canaux). Les nœuds peuvent être des points massiques simples ou des sous-réseaux complexes. Les canaux sont à leur tour des flux de force, d'énergie ou d'information.
L'étymologie du mot remonte au latin rete qui signifie « filet », donnant l'adjectif « réticulé », caractérisant les objets ayant une structure de filet, notamment les réseaux.
Le réseau est une forme ou structure particulièrement présente dans l'organisation du vivant, avec des réseaux « matériels » dans les organismes (réseau sanguin, réseau nerveux, etc), semi-matériels (réseau lymphatique, etc.) et immatériel (réseau social).

Saskia Sassen et la notion de la "ville globale"

Saskia Sassen compte dans le monde, 40 villes globales, dont Paris. Cette dernière a subi une progression fulgurante avec des multinationales qui ont une capacité de gestion mondialisée.
Paris est considéré comme un grand centre financier, haut lieu de culture, s'exprimant par ses hôtels, ses restaurants, leur grande variété, les lieux de distraction (opéra, théâtres, musées), elle aussi la ville de nombreux sièges de firmes multinationales, de centre de recherches de haut niveau, d'agences de communication à la pointe des nouvelles technologies de l'information et de la communication, des cabinets d'avocats d'affaires, une bourse des établissements financiers... elle est une composition hétéroclite qui lui permet de devenir globale et d'être en réseau avec d'autres villes globales.
La concentration, la centralisation changent l'usage et la forme des villes.
Le phénomène de globalisation est un aspect du paysage économique actuel. Nous faisons face aujourd'hui à une dispersion des flux, qu'ils soient matériels ou pas, à une rapidité de plus en plus grande. Ainsi cet évènement à un impact sur le territoire, et sur l'urbain en particulier.
La métropole est une condition, une échelle de ville, qui se prête à ce phénomène, c'est " un site stratégique à de nouvelles frontières". Bouleversant l'économie locale, car tiraillée par une échelle mondiale, accentuant les manifestations d'économies parallèles, l'apparition de nouvelles classes sociales, et le changement de la géographie de l'économie urbaine.
Il y a un paradoxe : le mouvement de concentration, des capitaux et des richesses, engendre en même temps un mouvement de dispersion (morphologique).

2008-07-23

La série Homelux de Christophe Maout .





Le long du périphérique, les habitations verticales un peu tristes dans la lumière du jour se coiffent la nuit d'enseignes publicitaires. Parures chic pour certains, pollution visuelle pour les autres, ces en-tête forcent le regard. Inconsciemment, ils font partie de notre environnement visuel et l'on n'image plus le périphérique —notre strip à l'américaine — sans ces points de lumière. Cette série à l'approche quasi anthropologique, sans jugement, réhabilite cependant ce type d'architecture. Chaque tour ou immeuble ainsi photographié devient un magnifique objet en soi —un lieu de vie digne, gai et intrigant. Paris, la ville lumière, existe aussi à sa périphérie.

périph' en chiffres

Boulevard périphérique
Longueur, superficie, échangeurs, passages, caméras, panneaux, écrans phoniques...

Dimensions :
Longueur : 35,04 km
54 km d'échangeurs et de bretelles
110 km de murets en béton et glissières en cours de suppression

Superficie totale : 1,38 km²
- Chaussée principale : 1 000 000 m²
- Bretelles de raccordement : 380 000 m²
300 000 m² de trottoirs de service

Passages :
156 bretelles
6 échangeurs et 44 diffuseurs
Passages supérieurs : 148
- Boulevard périphérique intérieur : 75 (longueur totale : 6 192 m)
- Boulevard périphérique extérieur : 73 (longueur totale : 5 863 m)
Passages inférieurs : 105
- Boulevard périphérique intérieur : 54 (longueur totale : 7 363 m)
- Boulevard périphérique extérieur : 51 (longueur totale : 7 446 m)

Dispositif :
24 écrans phoniques anti-bruit, soit 51 100 m² sur 14 km
44 ha d'espaces verts, fleuris et boisés
10 000 arbres en bordure du périphérique
550 affiches et panneaux publicitaires lumineux
38 490 sources lumineuses (soit près de 1 000 par kilomètre) sur candélabres, en appliques ou en galeries l'éclairage
112 caméras de télésurveillance
166 bornes d'appel d'urgence
208 stations de comptage
750 capteurs
326 panneaux à messages variables

8 radars automatiques fixes

100 000 habitants vivent le long du périphérique
40 % du tracé est en tranchée, dont quelques sections couvertes (notamment Bois de Boulogne et de Vincennes), en élévation sur la moitié de son parcours et au niveau du terrain naturel sur les 10 % restant
30 % du boulevard est déjà en tunnel, couvert ou isolé par des écrans anti-bruit.

Autour du périphérique...

17 lignes de métro, 66 voies routières, 4 passerelles, 3 souterrains piétons le traversent
Il est associé à 5 centres commerciaux, 13 parkings, 22 stations service, 28 hôtels.

Source : Direction de la voirie et des déplacements, Service du patrimoine de voirie.

histoire de périph'

Boulevard périphérique


Commencé en 1956, achevé le 25 avril 1973, 35 km et plus de 100 000 habitants le long de son parcours, le boulevard périphérique est une source de problèmes récurrents. Victime de son succès, embouteillé à certaines heures, il remplit pleinement son rôle en assurant un quart des déplacements parisiens, et constitue un lien important entre Paris et les communes riveraines.

L'exploitation du boulevard périphérique


Depuis novembre 1977, 200 personnes de la Préfecture de Police (compagnie de la circulation) et 30 personnes de la Mairie de Paris (section de l'Exploitation). Collaborent au Poste Central d'Exploitation du corridor périphérique. Il permet aux usagers une utilisation optimale de la voie publique par un réseau de télésurveillance et d'appel d'urgence, de connaître le trafic par des panneaux à messages variables.

amorce introductrice / plans....

Dans un contexte de métropolisation, de réseau et de grande vitesse, le paysage se transforme, et la ville dérive. C'est en ses lieux du laissé aller, où l'urbanité n'est plus sous contrôle que je compte développer un autre type d'inspection et d'incision/analyse de l'urbain. c'est ainsi en ses bordures que l'on trouve une potentialité, d'autres aménagement possibles et une inspiration incroyable.
l'objet de mon étude portera sur le grand quart nord est de la périphérie parisienne, portant mon attention sur le passage de paris à la banlieue, et plus précisément au abords de la porte de Saint Ouen et la porte de Clignancourt.



une première liste de therme qui feront les différentes partie de ma recherhce:
CONSTAT/CONTEXTE sous plusieurs domaines [ politique social économique ]
MATIèRE
DéMARCHE EXPLORATIVE
ANALYSE
PROJECTION
La ville aujourd'hui est dans un contexte de croissance et de mobilité absorbant parfois ce qui faisait d'elle un lieu de socialité. dans un soucis de relier avec la culture urbaine, il est important de voir en ses marges des lieux du possible, des zones où il n'y a pas d'emprise.
ainsi c'est dans l'attention à ses infrastructures ses flux, ainsi au périphérique que j'entends trouver des zones d'inventivité.
l'urbain tient la place aujourd'hui que tenait la nature pour les philosophes modernes: elle est urbanisante comme la nature était naturisante.
la nature est une force formatrice, la ville forme des urbains, elle engage un processus d'urbanisation. il y a ainsi dans le monde des processus "poïétiques", dans le sens de faire , de fabriquer. l'Urbs est un de ces dispositifs qui fabrique de l'urbain, comme la Polis fabriquait de la démocratie et la politique. la forme moderne de la ville fabrique de l'urbain; c'est à dire des individus , mais surtout des processus urbanisants, comme autant de cellules proliférantes dotées de vie.